Agnosgeek multitâche.
Chroniqueur : médiaTIC, RTBF.be
Secrétaire-général de la CTF (Télés francophones publiques de France, Canada-Québec, Suisse, Belgique)
Maître de Conférences à ULg Liège
Columnist De Morgen.
Catching Elephant is a theme by Andy Taylor
#30J, les risques de la com’ sur Twitter.
#médiaTIC 27.01.12 #Matin1
En Flandre, les discussions à propos de la grève de lundi prochain font rage sur les réseaux sociaux.Le paradoxe, c’est que c’est l’ABVV, la FGTB flamande qui est à l’origine de toute cette agitation. Elle a mis en place une stratégie de communication tout azimut pour mobiliser en vue de la grève de ce lundi. Il y a les canaux traditionnels : affiches, tracts, médias. Le syndicat a aussi une page sur Facebook. Et cette fois, il a voulu se lancer sur Twitter. Comme le dit au Standaard une porte-parole du syndicat socialiste : « Nous avons voulu impliquer les jeunes dans le débat en utilisant leur propre média comme canal de communication. Et en plus, c’est pratique pour nos militants et nos cadres ».
La FGTB a donc fait les choses dans les règles. Elle a lancé un hashtag, un mot-clé qui permet de retrouver facilement tous les messages qui traitent du même sujet : #30j comme 30 janvier, date de la grève. Rien à redire : c’est clair, c’est court, et c’est bilingue.

Et puis le syndicat a voulu faire comme d’autres avant lui. Il a proposé aux internautes de remplacer leur avatar, leur photo, par un logo sur fond rouge qui dit : « Faites grève le 30 ». C’est une manière de s’engager et aussi d’augmenter la visibilité de l’action. Une technique qui a déjà utilisée par des associations humanitaires comme par exemple Médecins Sans Frontières.
Et comment réagissent les internautes ?Certains l’on fait. Mais sur les réseaux, on ne contrôle pas tout… Très vite, le logo a été modifié et détourné. Il est devenu : « Ne faites pas grève le 30 » Et depuis 48h, c’est cette version-là qu’on voit beaucoup. C’est devenu une sorte de match, de sondage instantané pour ou contre la grève. Et la propagation des messages opposés aux syndicats est facilitée par le hashtag créé par l’ABVV….

Sur Facebook aussi, ça chauffe. En réponse au Président de la FGTB flamande, une lettre ouverte a été publiée par un étudiant sous le titre : « Vous ne choisissez pas pour nous, nous choisissons nous-mêmes ». Avec ce matin le soutien de plus de 11.000 internautes. Il faut d’ailleurs relever que les polémiques pour ou contre la grève sont beaucoup plus vives en Flandre que du côté francophone, mais ça, c’est un autre débat…
Pas simple donc la com’ sur les réseaux. La même mésaventure vient d’arriver à la chaine de restauration rapide Mc Donald’s. Elle a invité les gens à raconter leurs meilleurs moments chez McDo en utilisant le mot clé #McDoStories, les histoires de McDo. Résultat : un déferlement de messages négatifs et une interruption brutale de la campagne. Bref, un McFail, un McPlantage pour reprendre une expression typique.
La communication sur les réseaux sociaux est à la mode. Mais elle est à double tranchant. Et sans doute pas encore complètement maitrisée…
27.01.12 Retrouvez #mediaTIC dans Matin Première du lundi au vendredi à 08:30 #Matin1. Plus d’infos à découvrir sur MédiaTIC+ et sur Twitter @AlainGerlache
Décollage réussi pour le Huffington Post Made In France?
#médiaTIC 23.01.12 #Matin1 #HuffPost

La déclinaison française du site d’infos américain le Huffington Post est en ligne et c’est un évènement à plus d’un titre.
« Décollage réussi au Bourget », le titre barre la page d’accueil au-dessus d’une photo de François Hollande, une photo en grand, comme il se doit aujourd’hui sur les sites d’infos. Un sous-titre: Attention aux secousses. Premier article « #Bourget, le meeting vu de Twitter » comme nous le faisons parfois ici avec la politique belge. Et des renvois vers d’autres médias comme Rue89 et le Figaro.
Toute la recette du Huff Post est là. Un ton, un contenu, une ouverture qui le distinguent des versions web des médias traditionnels. Ici, on est parti d’une page, ou plutôt d’un écran blanc. D’où le succès de ce media en ligne fondé en 2005 par Ariana Huffington, une immigrée grecque devenue une figure de proue de la gauche médiatique américaine. Un succès couronné il y a un an par son rachat par le géant de l’internet AOL pour 245 millions d’Euros.
Et une nouvelle étape : le développement international. D’abord au Royaume-Unis et au Canada. Aujourd’hui en France. Le Québec suivra bientôt. C’est donc l’émergence d’un nouveau modèle de média qui combine à la fois la dimension internationale et des implantations nationales. Le Huffington Post français ne sera pas une traduction du site américain, mais un produit original ancré dans la réalité française.
D’où son association avec Le Monde et la désignation d’Anne Sinclair à sa tête. Le Monde trouve là le moyen de diversifier son offre sur le web, comme l’a fait récemment le Nouvel Obs en acquérant Rue89. La désignation d’Anne Sinclair est plus délicate. D’où la première sortie médiatique de l’épouse de DSK dans le magazine Elle la semaine dernière. Une tentative de solder les comptes avant un nouveau départ. Malgré l’écho dans la presse people, pas sûr que ça suffira. Le nouveau titre pourra-t-il traiter des suites des affaires DSK en toute impartialité ? A en croire les autres médias français, la question inquiète jusqu’aux journalistes du Monde, qui craignent de voir la polémique affecter la réputation de leur quotidien.
Quoiqu’il en soit, le Huffington Post a attiré d’autres signatures, comme l’ancienne ministre UMP Rachida Dati ou l’humoriste Nicolas Bedos. Et des collaborateurs bénévoles qui enrichissent l’offre du site. Outre-Atlantique, des voix se sont d’ailleurs élevées pour critiquer cette pratique qui consiste à ne pas rétribuer des contributeurs extérieurs, au nom de l’intégration des lecteurs dans le fonctionnement des médias. C’est une polémique embarrassante, surtout pour un média qui se veut progressiste.
Alors, décollage réussi pour le Huffington Post Made in France ? Ici aussi le sous-titre pourrait être : Attention aux secousses !
23.01.12 Retrouvez #mediaTIC dans Matin Première du lundi au vendredi à 08:30 #Matin1. Plus d’infos à découvrir sur MédiaTIC+ et sur Twitter @AlainGerlache

La justice américaine vient de frapper un grand coup en ordonnant la fermeture du site de téléchargement Megaupload et en procédant à l’arrestation de ses dirigeants.
Megaupload, c’est un des plus grands sites mondiaux de de stockage et de téléchargement de fichiers informatiques. Il permet par exemple aux internautes de transférer des fichiers volumineux. Le site est gratuit, mais il y a aussi une version payante si on veut disposer de plus de capacité. Il est basé à Hong Kong.
Dans le communiqué publié sur le site du FBI, les autorités judiciaires américaines accusent Megaupload d’être une «entreprise criminelle internationale organisée», d’avoir violé les lois sur les droits d’auteurs et favorisé le piratage. Megaupload serait utilisé pour pirater et diffuser de la musique, des jeux vidéo, des séries télé et des films protégés par le copyright. Les détenteurs des droits évaluent leur manque à gagner à 500 millions de dollars. Toujours selon le site du FBI, Megaupload a jusqu’à 50 millions de visiteurs par jour et il mobilise à lui tout seul 4% du trafic sur le net.
Signe que la justice a décidé de frapper très fort, le fondateur de Megaupload Kim Schmitz qui se fait maintenant appeler Kim Dotcom a été arrêté avec trois autres cadres en Nouvelle-Zélande. Ils risquent jusqu’à 20 ans de prison et vont être extradés vers les Etats-Unis.
Cette action de très grande envergure intervient à un moment particulier,au lendemain de la fermeture, volontaire celle-là, de nombreux sites américains comme Wikipédia. Un blackout de 24h pour dénoncer les menaces sur la liberté d’expression que feraient courir les projets anti-piratage SOPA et PIPA actuellement en discussion au Congrès américain.
C’est donc déjà chauffé à blanc que le web s’est enflammé. La fermeture de Megaupload est le sujet le plus discuté sur les réseaux sociaux. Et le groupe Anonymous, déjà connu pour ses actions de représailles, a lancé des attaques contre les sites du FBI et de ceux de l’industrie musicale. Ils sont à présent de retour en ligne.
Cette question dépasse donc de loin, les frontières des Etats-Unis. Dès l’annonce de l’opération, L’Elysée a réagi. Pour Nicolas Sarkozy, il faut maintenant une collaboration judiciaire et policière active entre Etats, pour porter un coup d’arrêt au développement de sites qui dit-il « réalisent des profits criminels et menacent la création ». Il est vrai que François Hollande, le candidat socialiste avait dans la journée pris ses distances avec Hadopi, le dispositif français de lutte contre le piratage.
Mais au-delà de ce petit jeu, il ne faut pas s’y tromper, et c’est le fait le plus marquant dans toute cette affaire: comme beaucoup d’autres problèmes aujourd’hui ces questions ne se règleront plus au niveau des états. La question du piratage, de la préservation de la création mais aussi de la liberté d’expression sur le web sont devenus des enjeux mondiaux.
20.01.12 Retrouvez #mediaTIC dans Matin Première du lundi au vendredi à 08:30 #Matin1. Plus d’infos à découvrir sur MédiaTIC+ et sur Twitter @AlainGerlache
Bashing, l’application anti-homophobie qui fait débat.
#médiaTIC 19.01.12 #Matin1

Lutter contre l’homophobie grâce à une application pour téléphone intelligent, c’est maintenant possible. Et ça suscite des réactions. Cette application gratuite pour iPhone et Android s’appelle Bashing, de frapper, cogner en anglais. A l’origine, on parlait surtout de paki-bashing, les agressions verbales ou physiques à l’égard de la communauté pakistanaise et indienne en Grande-Bretagne. D’où le gay-bashing à l’encontre des homosexuels. Ça va des commentaires déplaisants au tabassage en règle en passant par les insultes et les bousculades.
Il est très difficile de connaitre l’ampleur réelle du phénomène. Mais selon les mouvements de défense des gays, il est bien réel, voire en hausse. Plus de la moitié des homosexuels ont déjà été agressés verbalement, 20% ont déjà fait l’objet de menaces et un sur 10 a déjà été agressé physiquement. Beaucoup de victimes ne portent pas plainte, d’où une sous-estimation du problème.
Une situation confirmée dans De Morgen par Bruno De Lille, le secrétaire d’état bruxellois en charge de l’Egalite des Chances. Lui-même gay, il a confirmé hier lors d’une table ronde que récemment encore, il s’était fait insulter avec son conjoint dans les Marolles à Bruxelles. Aujourd’hui, le couple hésite à se balader main dans la main en rue.
Et comment une application pour téléphone peut-elle permettre de lutter contre ces agressions ?C’est toute la question. L’application gratuite présentée par l’association Outrage et l’agence Famous est basée sur la géolocalisation. Les victimes peuvent signaler et localiser une agression verbale ou physique. Ils ajoutent une brève description des faits. Et ils envoient le rapport qui peut être visualisé sur la Bashmap, la carte des incidents qui est aussi accessible sur le site Bashing.be. A terme, cela permettra de mesurer l’importance du phénomène. Et d’identifier les zones à risques.
Cette initiative suscite des réactions sur les réseaux sociaux et les forums. Nathan se demande si on ne va pas arriver à une liste noire des quartiers homophobes, dont la population sera stigmatisée. D’autres comme Yann rétorquent que ce sont les actes qui sont dénoncés, par les personnes. Pas de délation donc.
En réalité, les informations fournies ne seront pas vraiment scientifiques. N’importe qui peut télécharger l’application et rapporter une agression réelle ou imaginaire. D’autant qu’il n’est pas nécessaire de s’identifier en fournissant son adresse courriel qui est optionnelle.
Cette application, c’est surtout un coup de projecteur sur une situation inacceptable et la résurgence d’une homophobie violente que la banalisation de l’homosexualité en Belgique n’a pas éradiquée. Comme le résume Jérémy : une nouvelle manière d’utiliser les technologies. Une sorte de militantisme 2.0.
19.01.12 Retrouvez #mediaTIC dans Matin Première du lundi au vendredi à 08:30 #Matin1. Plus d’infos à découvrir sur MédiaTIC+ et sur Twitter @AlainGerlache
Vers une meilleure protection des données privées des internautes européens ?
#médiaTIC 18.01.12 #Matin1