Au commencement était le web.

Alain Gerlache,
Chroniqueur, médiaTIC RTBF,
Secrétaire-général de la CTF (Télés francophones publiques de France, Canada-Québec, Suisse, Belgique),
Maître de Conférences à ULg Liège,
Columnist De Morgen, chroniqueur Marianne Belgique.
Agnosgeek multitâche.
Recent Tweets @alaingerlache

médiaTIC RTBF 21.05.3013

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1 milliards 100 millions de dollars, 850 millions d’Euros, c’est le prix payé par le géant historique d’internet Yahoo pour acquérir Tumblr, une plateforme de blogs assez peu connue chez nous mais très populaire aux Etats-Unis, surtout auprès des 18-25 ans qui y trouvent une alternative à Facebook, beaucoup trop familial leurs yeux. La plateforme se situe à mi-chemin entre les réseaux traditionnels avec un accent sur la mise en valeur des photos et des vidéos. Mais sans pub et avec un look contemporain haut de gamme que les utilisateurs peuvent choisir et adapter à leur style et leur usage. Tumblr a été fondé en 2007 et il a rapidement développé une plateforme mobile très efficace, là où aujourd’hui Facebook rame encore. Signe qui ne trompe pas, Tumblr a déjà son application pour Google Glass, les fameuses lunettes hi-tech qui ne seront pourtant disponibles que dans quelques mois. Pas étonnant que ça plaise à la nouvelle génération, plutôt dynamique et créative. En un mot : cool.

Et c’est ça qui intéresse Yahoo. Tumblr est une petite société de 175 employés, c’est minuscule face aux 14.000 personnes qui travaillent chez Yahoo. Elle n’a pas vraiment de modèle économique et ne dégage que peu de profit. Rien qui justifie un tel prix donc. Sauf sa communauté, très différente du public vieillissant de Yahoo qui a raté le tournant social pris par le web dans les années 2000. L’acquisition de Tumblr, c’est le premier grand coup de la nouvelle présidente de Yahoo, Marissa Mayer qui fêtera ses 38 ans dans quelques jours et qui vient de Google ! 

Reste à voir comment vont réagir les fans de Tumblr. C’est là que ça coince. Si pour eux Facebook, c’est déjà plutôt pour leurs parents, Yahoo, c’est carrément l’hospice. D’ailleurs, beaucoup n’étaient pas né au moment où Yahoo a été créé en 1994. C’est là qu’on mesure à quel point internet évolue vite ! C’est un véritable mouvement de résistance anti-Yahoo qui s’est levé sur Tumblr. Au point que Marissa Mayer a promis de ne pas toucher à la plateforme. « Nous n’allons pas faire foirer Tumblr », pour reprendre ses mots. Vous voyez, Yahoo commence déjà à se décoincer.

De même, il ne devrait pas fermer les blogues que l’on désigne par les lettres NSFW, les initiales de Not Safe For Work, ceux qu’il faut éviter au boulot. En clair, le porno, plutôt chic, que Tumblr a toujours toléré. Autre garantie donnée par Yahoo, le management de Tumblr reste en place, à commencer par son CEO, David Karp, 26 ans.

En tout cas, les acquisitions se multiplient ces derniers mois. Le monde du web est sans doute entré dans une phase de concentration.

 21.05.13

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Le web est-il en train de basculer vers le côté obscur de la Force ? L’affaire Trullemans comme on l’appelle désormais, a suscité des torrents d’invectives, d’insultes et de haine sur internet rarement vus chez nous. Après les dérapages antisémites autour du tristement célèbre mot-clé #unbonjuif sur Twitter et les affrontements violents sur les réseaux sociaux entre les partisans du « mariage pour tous » et ceux de la « manif pour tous » en France, et les délires en tous genres suite à l’attentat de Boston qui ont jeté des innocents en pâture à la vindicte populaire, avec la complicité, volontaire ou non, de médias traditionnels, ça commence à faire beaucoup.  Et ce ne sont que quelques exemples.

La fièvre qui a saisi le web en Belgique francophones ces derniers jours est très révélatrice. La popularité de l’intéressé n’y est pas pour rien. Certes, son apparence, son style, son accent, jusqu’à son nom sont peu conformes aux canons télévisuels actuels. Ce déficit de glamour qui détonnait dans le monde de plus en plus lisse des présentateurs de télévision n’a, dit-on, pas contribué à empêcher son éviction. Mais c’est précisément cela qui lui a acquis la sympathie d’un public qui, tout en les vénérant, se sent exclu du petit monde des starrekes formatées du PAB. Comme si Luc Trullemans était un téléspectateur de la chaine qui s’est frayé une place dans les studios et se retrouve devant la caméra.

Cette opposition entre deux mondes a alimenté la flambée de ces derniers jours. Il y a une sorte révolte du peuple contre les élites dans l’ampleur qu’elle a prise. On peut bien sûr dénoncer la duplicité qui consiste à tenir des propos inacceptables « sous le coup de l’émotion », de les retirer ensuite et puis d’alimenter les polémiques, auréolé de son statut de victime. Il est sans doute inutile de rappeler le rôle de l’extrême-droite raciste toujours prompte à instrumentaliser n’importe quel incident, des agitateurs professionnels sur forums des médias, des trolls désœuvrés sur les réseaux sociaux.

Mais on ne peut nier non plus la part de frustration et de sentiment d’abandon de la part des tous les pouvoirs, surtout en période de crise, qui ressort des commentaires, des tweets, des messages sur des pages Facebook. C’est précisément cette confusion des expressions qui mêlent racisme ordinaire, incompréhension face aux évolutions de nos sociétés et débat sur leur avenir, qui rend les débats sur le web si désespérants. Tout comme une discussion qui s’éternise atteint finalement le point Godwin, celui où l’on se réfère à Hitler, on pourra dorénavant parler du point Trullemans quand les échanges sont noyés dans les excès en tous genres, ne laissant d’autre choix que de décrocher, meurtri et défait.

Aujourd’hui, le cordon sanitaire autour du racisme et de toutes les formes de discrimination a volé en éclat. Sur les réseaux sociaux, dans l’état actuel des choses, les dérapages sont devenus quasiment inévitables. En revanche, les médias ont une vraie responsabilité dans la gestion de leurs forums. Il ne suffit plus, quand ça se fait, de «censurer » les propos inacceptables. Plutôt que pratiquer le lâcher tout, il faut privilégier les nouvelles formes de débats avec le public. C’est trop facile de dénoncer d’un côté ce qu’on laisse publier sans vergogne de l’autre.

Alain Gerlache

Marianne Belgique 4 mai 2013.

Fabriquez votre arme chez vous avec une imprimante 3D

#médiaTIC #RTBF 08.05.13

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C’est incontestablement une des plus grandes avancées technologiques de ces dernières années. Tout comme les imprimantes classiques permettent de copier un document à l’identique, les imprimantes 3D reproduisent des objets en trois dimensions. A la place des cartouches d’encre, elles utilisent du plastique, du métal ou de la céramique. Les modèles simples peuvent fabriquer des objets monoblocs, comme par exemple des coques pour téléphones. Avec les plus évolués, on parvient à reproduire des objets équipés d’un mécanisme que l’on assemble ensuite, un peu comme les maquettes d’avions.

Certains espèrent qu’un jour on pourra même dupliquer des organes pour des transplantations. On n’en est pas encore là, mais ça progresse très rapidement. La preuve est fournie par une association du Texas qui vient produire la première arme de poing entièrement réalisée en plastique avec une imprimante 3D. C’est le fruit d’un an de travail.  Ce groupe s’appelle Defense Distributed. Il milite, je cite, « pour la défense les libertés civiles et le droit de la population à se procurer des armes ». Et il a l’intention de mettre les plans de ce pistolet à la disposition de tous sur internet.

Et cette arme fonctionne.Le premier tir a eu lieu samedi dernier. Et une équipe de la BBC y était. On peut y écouter ce qu’en dit Cody Wilson, un étudiant en Droit de 25 ans, qui est aussi le chef de Defense Ditributed. Pour lui, c’est avant tout une question de libérté.

Au micro de la BBC, une responsable d’Europol affirme que jusqu’à’ présent, les gens qui veulent se procurer des armes suivent les filières traditionnelles. Mais on ne peut pas exclure qu’avec le développement de la technologie 3D, certains groupes puissent disposer d’armes, alors que ce n’était pas le cas auparavant. D’autant que le prix de ces imprimantes devient de plus en plus abordable. Celle qui a été utilisée ici coute 8000 dollars, un peu plus de 6000 Euros.

Un mot encore, cette arme s’appelle le Liberator, pas besoin de traduction.

08.05.13

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Une campagne contre la maltraitance, seulement visible par les enfants

médiaTIC RTBF 07.05.13

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C’est le site d’infos Gizmodo qui l’a repérée. L’association espagnole ANAR, « Aide aux enfants et adolescents en danger », a lancé une campagne d’affichage sur les panneaux publicitaires, ceux que l’on trouve en rue ou sur les abribus. Et donc au vu et au su de tout le monde. Et pourtant, elle s’adresse spécifiquement aux enfants.  Ils sont les seuls capables de décoder le message qu’elle contient. Les adultes eux, ne remarquent rien de spécial.

Comment est-ce possible ? Vous vous souvenez quand vous étiez enfant de ces petits supports striés et plastifiés qui dévoilaient deux images différentes selon leur inclinaison. On les trouvait par exemple sur les lattes ou comme cadeau sur des boites de céréales, pour un usage ludique.

Cette technique s’appelle l’imagerie lenticulaire. C’est ce procédé qui a été utilisé ici en partant de cette réalité toute simple : à cause de leur taille, les adultes et les enfants ne voient pas les affiches sous le même angle de vision. Il est donc possible de transmettre des messages différents aux uns et aux autres.

Et c’est le cas ici. En passant devant l’affiche, les adultes voient le visage d’un petit garçon comme les autres avec la mention  « Parfois, la maltraitance n’est visible que par les enfants qui en sont les victimes ». Un message sobre dont le second degré est bien caché.

Parce qu’à la hauteur moyenne d’un enfant de 10 ans, soit environ 1 m 30, c’est une toute autre vision qui apparait. Le visage de l’enfant est tuméfié, il porte des traces de coups. Et  le message est beaucoup plus direct : “Si quelqu’un te fait du mal, téléphone-nous au 116 111, et nous t’aiderons”.

Mais pourquoi s’adresser différemment aux adultes et aux enfants ?Selon la vidéo explicative, parce que l’adulte qui accompagne l’enfant maltraité lorsqu’il voit l’affiche, sera probablement son agresseur ou quelqu’un de son entourage qui est complice. Si l’adulte voit lui aussi le message destiné à l’enfant, il peut le menacer de représailles en cas de tentative de dénonciation ou d’appel à l’aide. D’où cette simple mise en garde générale sans qu’il soupçonne l’existence d’un autre message.

En revanche l’enfant comprendra que la loi du silence imposée par son ou ses agresseurs est brisée. Il verra que l’adulte n’est pas tout puissant puisque certaines choses lui échappent. Et il saura que d’autres sont là pour lui venir en aide.

07.05.13

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