
Après les révélations à propos du programme PRISM, l’espionnage de télécommunications pratiqué par l’agence de sécurité américaine NSA, la question qui se posent maintenant, c’est de savoir comment réagit le public. Les défenseurs des libertés civiles ont bien sûr dénoncé les pratiques révélées par Edward Snowden qui déclarait hier encore au Guardian que « la vérité ne pourra plus être arrêtée ». Mais l’attitude de la population dans son ensemble est beaucoup plus ambivalente.
Une enquête du Washington Post et du Pew Research Center montre qu’une courte majorité des américains, 52%, est opposée à la surveillance des communications sur internet. Mais quand on leur demande de choisir entre une lutte plus efficace contre le terrorisme ou la protection intégrale de la vie privée, 62% choisissent la sécurité nationale et la lutte préventive contre les attentats. De même, 56% des sondés trouvent les écoutes téléphoniques légitimes si ça contribue à contrer la menace terroriste sur les Etats-Unis.
Des enquêtes similaires menées en Allemagne et au Royaume-Uni et publiées par le Huffington Post indiquent l’opinion y est partagée entre la défense de sécurité et la protection de la vie privée. Mais on est bien loin d’un rejet en bloc des techniques de surveillance des communications.
Ce qui pourrait faire bouger les lignes, c’est la démonstration que ces écoutes sont efficaceset c’est le message que tentent de faire passer les gouvernements concernés. Cela dit, dans l’ensemble, les internautes ne semblent pas avoir modifié fondamentalement leur comportement sur la Toile.
Mais il y a des exceptions. Et d’abord une forte augmentation de l’utilisation du moteur de recherche alternatif Duck Duck Go qui garantit l’anonymat et ne stocke aucune donnée personnelle. Son slogan est on ne peut plus clair : « Google vous piste, nous pas ». La fréquentation de Duck Duck Go a augmenté de 26% depuis les dernières révélations. Son fondateur Gabriel Weinberg confie à Venture Beat que son site progresse à chaque fois qu’une telle affaire éclate. La plateforme est en train d’être traduite en français, mais elle tient déjà compte de la langue de l’utilisateur dans les résultats qu’elle fournit. Duck Duck Go est donc parfaitement utilisable par des francophones.
Prism a donc donné un petit coup de pouce aux alternatives aux services proposés par les géants du web comme le montre aussi l’initiative prise par un designeur web, Peng Zhong. Il a mis en ligne une liste de logiciels libres dans toute une série de domaines : navigation, recherche, réseaux sociaux etc. C’est disponible à l’adresse prism-break.org et le message d’accueil vous invite, je cite, à « refuser PRISM et à arrêter de déclarer vos activités en ligne au gouvernement américain ».
18.06.13 Retrouvez médiaTIC à tout moment sur SoundCloud et dans Matin Première (RTBF) du lundi au vendredi à 08:25. Vous pouvez collaborer et réagir à cette rubrique ici-même et via Twitter, Google+ et Facebook. Plus d’infos à découvrir sur MédiaTIC+

Permettre aux régions du monde les plus défavorisées de bénéficier d’un accès à internet, c’est le rêve un peu fou développé par Google. A l’origine de cette idée, il y a ce constat que l’on a trop souvent tendances à oublier : une majorité de la population mondiale n’a pas encore accès à internet.
La réponse, c’est une technologie qui n’a rien de nouveau, mais qui serait utilisée de façon tout-à-fait révolutionnaire pour permettre d’accéder à internet à partir de n’importe quel endroit du globe. C’est le projet Loon.
Un réseau de ballons autour du monde, c’est un projet fou… D’où son nom : Loon ; dans lequel on retrouve balloon, ballon, mais qui signifie aussi un peu dingue. Comme beaucoup de projets scientifiques pourtant très sérieux.
Concrètement, comment ça marche ? Des ballons flottent dans la stratosphère à 20 kms au-dessus des zones à couvrir dans l’hémisphère sud, l’Afrique, L’Amérique du Sud et l’Océanie. Ils sont dirigés grâce à l’énergie solaire et éolienne. Leur positionnement est optimalisé en permanence de manière à assurer la meilleure distribution de la connexion internet dans les territoires concernés. Le signal internet leur parvient depuis des bases au sol. Les ballons sont en quelque sorte des réémetteurs, comme on en trouve déjà depuis longtemps au sol pour la transmission des ondes hertziennes par exemple.
On en est encore au stade expérimental. Les premiers ballons ont été lancés samedi en Nouvelle-Zélande. Une trentaine qui sera bientôt suivi par d’autres qui partiront notamment du Chili, d’Afrique du Sud ou d’Australie. Si l’expérience est concluante, c’est une flotte de 400 ballons qui devrait à terme couvrir les régions visées.
Google affirme que la finalité du projet, c’est de permettre l’accès au savoir, à l’information, aux techniques les plus diverses et notamment médicales propagées par internet.
Le projet Loon s’inscrit donc dans la philosophie que l’on pourrait qualifier de techno-écolo-humaniste que veut promouvoir l’entreprise. Il a été élaboré par son centre de recherches GoogleX Lab à qui on doit déjà des projets dont on a déjà parlé : les lunettes connectées Google Glass et les voitures sans conducteur.
17.06.13 Retrouvez médiaTIC à tout moment sur SoundCloud et dans Matin Première (RTBF) du lundi au vendredi à 08:25. Vous pouvez collaborer et réagir à cette rubrique ici-même et via Twitter, Google+ et Facebook. Plus d’infos à découvrir sur MédiaTIC+

Le géant américain Google est plus que jamais le roi de la pub : il a encaissé plus de la moitié des revenus provenant de la publicité sur les appareils mobiles l’an dernier dans le monde. Pour être précis : 52,36%, soit 4 milliards 600 millions de dollars selon les chiffres publiés hier par l’institut américain eMarketer. Google ne laisse que de miettes à ses concurrents : 470 millions de dollars pour Facebook, 240 millions pour la radio en ligne Pandora et 140 pour Twitter.

Il s’agit donc bien de la pub à laquelle on a accès lorsqu’on surfe sur un appareil mobile, téléphone ou tablette. C’est d’autant plus important que c’est un marché en forte augmentation. Il a crû de 119% en 2012 et les prévisions tablent sur une nouvelle progression de 92% cette année. Google est non seulement celui qui en profite le plus, mais sa part augmente plus vite que l’ensemble du marché. Un seul mot pour résumer ça : Bingo !
Mais d’autres entreprises commencent à prendre de pied dans la pub mobile. C’est le cas de Facebook. C’est un site de l’ancienne génération : il n’a pas été conçu pour les mobiles. Mais le réseau met les bouchées doubles pour adapter son produit aux nouvelles plateformes et pour en tirer des revenus. Une course contre la montre depuis l’entrée en Bourse.
Selon Reuters, la première assemblée générale des actionnaires de Facebook qui s’est tenue mardi dernier près de San Francisco a été houleuse. Les investisseurs ne se satisfont pas de ses performances. Sur le mobile, elles progressent quand même fortement : alors qu’il ne gagnait encore rien en 2011, sa part de marché a dépassé 5% l’an dernier et elle devrait monter à plus de 12% cette année. La part de Twitter devrait augmenter elle aussi. Mais loin, très loin derrière Google.
D’autant que Google reste aussi en tête de marché global des revenus publicitaires, tous supports numériques confondus. Si l’on prend l’ensemble des revenus publicitaires de l’internet fixe et mobile, Google est aussi en tête, même s’il n’obtient – s’il l’on peut dire - QUE le tiers du marché mondial. Des performances qu’il doit à sa stratégie de diversification de ses marques, comme YouTube ou Picasa. Au premier trimestre de cette année, le groupe a tiré 92% de ses revenus de la publicité.

Des très belles performances donc mais qui posent quand même deux questions à certains milieux. D’abord pourquoi une entreprise qui gagne autant d’argent paie-elle si peu d’impôts là où elle est aussi implantée, et notamment en Europe ? Et ensuite, une telle concentration des revenus publicitaires, laisse-t-elle la moindre chance à la presse, aux médias et à la création culturelle que l’Union Européenne affirme vouloir défendre à tout prix.
14.06.13 Retrouvez médiaTIC à tout moment sur SoundCloud et dans Matin Première (RTBF) du lundi au vendredi à 08:25. Vous pouvez collaborer et réagir à cette rubrique ici-même et via Twitter, Google+ et Facebook. Plus d’infos à découvrir sur MédiaTIC+

Une nouvelle acquisition spectaculaire dans le monde des nouvelles technologies : Waze, une application pour Smartphone a été achetée par Google pour un montant qui dépasserait le milliard de dollars.D’autres acteurs comme Apple et Facebook étaient en piste et ça explique aussi ce montant impressionnant. Waze est une application pour téléphones connectés à internet. C’est une sorte de GPS communautaire dont les informations sont fournies en temps réels par les utilisateurs. Les meilleurs itinéraires, les conditions du trafic - ralentissements, travaux, accidents – ou encore les contrôles de police. La géolocalisation par le mobile et la collaboration d’une communauté sont déterminants pour le succès d’une application aujourd’hui.
Autre caractéristique de Waze, elle n’a pas été conçue dans la Silicon Valley, mais par trois jeunes israéliens. Ils ont d’ailleurs négocié avec Google le maintien de leur centre de recherche et de développement dans leur pays pendant au moins 3 ans.
Aujourd’hui, on peut créer une start-up innovante n’importe où.Les conditions de ce type de développement économique n’ont plus rien à voir avec la révolution industrielle du 19e siècle. Aujourd’hui, plus besoin de matières premières, de charbon et de voies navigables. Ce qu’il faut c’est la créativité, l’innovation et l’esprit d’entreprise. Ce n’est plus une question de géographie, mais de culture.
Le business des applis est de plus en plus rentable. Les smartphones et les tablettes dominent le marché du mobile. Avec pour conséquence l’’explosion de l’offre et de la demande des applications dans tous les domaines de la vie quotidienne. La preuve par le nombre de téléchargements d’applis dans le monde : 40 milliards pour toute l’année 2012, 10 milliards rien que pour le mois de décembre.
Et des applications il s’en crée chez nous aussi. C’était le sujet du MForum organisé hier par l’Agence Wallonne des Télécommunications. A l’honneur, le secteur bancaire qui développe des applications de paiement mobile appelées à remplacer les cartes à puces.
Focus aussi sur des start-ups. BetterStreet permet aux citoyens d’envoyer une photo géolocalisée à leurs autorités communales pour indiquer un problème ou pour formuler une suggestion. Lunch-On-Web offre la possibilité de se grouper pour se faire livrer le repas de midi fourni par des services de restauration des alentours. Ou encore Prochain Bus qui signale les arrêts de bus les plus proches et avertit les utilisateurs de leur arrivée. Elle a été créée par deux étudiants liégeois. Ils ont développé tout seuls ce que le TEC avec sa structure et ses moyens humains et financiers n’a pas encore réalisé. Ce n’est sans doute pas un hasard.

13.06.13 Retrouvez médiaTIC à tout moment sur SoundCloud et dans Matin Première (RTBF) du lundi au vendredi à 08:25. Vous pouvez collaborer et réagir à cette rubrique ici-même et via Twitter, Google+ et Facebook. Plus d’infos à découvrir sur MédiaTIC+

Le partage, c’est la grande idée, certains diront l’utopie, qui sous-tend le web aujourd’hui. On partage des photos sur Instagram, des vidéos sur YouTube, des avis sur les restaurants avec Yelp. Et finalement, on poste tout ça sur Facebook.
Pour les médias, le partage devient un nouveau mode de diffusion participatif, très différent du schéma traditionnel. Si vous écoutez cette chronique en podcast ou sur SoundCloud, si vous la lisez sur le site de la RTBF, vous connaissez les petites icones qui vous inviteront à la partager sur les réseaux sociaux. Et vous aurez aussi la possibilité de l’enrichir par une info, un commentaire voire la correction d’une erreur.
Sur le web, le partage est partout.
Et cette mise en réseau mondiale a aussi permis le développement d’un nouveau modèle économique.Cette évolution culturelle déborde sur le champ économique. On appelle ça l’économie de partage. Elle permet de mutualiser ce qu’on possède contre une rétribution qui se veut équitable. Ca existait déjà avant la révolution numérique mais internet dynamise son développement et lui donne en quelque sorte sa légitimité.
Un des exemples les plus emblématiques, c’est Airbnb, une plateforme communautaire qui permet trouver une chambre, un appart, une maison pour une nuit ou plus, en s’adressant directement à son propriétaire.
La réservation se fait en ligne ou via un appareil mobile. La société a été fondée en 2008 à San Francisco. Airbnb affirme avoir déjà favorisé la réservation de quelques 10 millions de nuits dans plus de 33.000 villes et 192 pays. Ce n’est pas rien.
Mais justement, ça ne plait pas à tout le monde.En tout cas pas au secteur hôtelier qui estime qu’il s’agit là de concurrence déloyale. Un New Yorkais qui louait son appartement pendant ses déplacements vient de l’apprendre à ses dépens. Un tribunal vient de le condamner à 2.400 dollars d’amende pour violation de la réglementation sur les pratiques hôtelières.
Et ce n’est pas le seul domaine concerné. Toujours aux Etats-Unis, les compagnies de taxis sont très remontées contre des start-ups comme GetTaxi qui fonctionnent grâce à des applications mobiles
Est-ce une querelle des anciens et des modernes ?C’est en tout cas ce que pense Loïc Lemeur, le fondateur de la conférence annuelle Le Web qui se tient actuellement à Londres. Elle porte sur cette nouvelle économie du partage. Il déclare aux Echos.fr « « Il faut arrêter d’appliquer à Internet de vieux modèles. Toutes ces sociétés sont porteuses de nouvelles valeurs. Elles créent aussi des emplois, de nouvelles sources de revenus, il faut favoriser leur développement ».
Le débat ne fait sans doute que commencer.
06.06.13 Retrouvez médiaTIC à tout moment sur SoundCloud et dans Matin Première (RTBF) du lundi au vendredi à 08:25. Vous pouvez collaborer et réagir à cette rubrique ici-même et via Twitter, Google+ et Facebook. Plus d’infos à découvrir sur MédiaTIC+