On l’appelle le Printemps Erable, la lutte des étudiants québécois contre l’augmentation des droits d’inscription. Demain il y aura 100 jours que la grève des cours touche 170.000 étudiants. Chaque soir, des contestataires munis d’un carré rouge défilent dans les rues de Montréal. Vendredi dernier, le gouvernement du Québec a fait voter en urgence une loi spéciale pour encadrer strictement le droit de manifester. Hier, lors de la 27e manifestation nocturne consécutive, près de 200 personnes ont été arrêtées. C’est une des plus grandes crises de l’Histoire du Québec.
Ces manifestations sont couvertes par les chaines d’infos, les radios et les médias écrits qui pratiquent abondamment le live, le compte-rendu en direct quasiment minute par minute. Parmi les opposants, un média s’est imposé : CUTVMontréal, la télé communautaire de l’Université Concordia, un des établissements anglophones de Montréal. Elle émet sur son site et via LiveStream, qui permet la diffusion en direct sur le web et les appareils mobiles.

C’est une nouvelle forme de communication militante qui utilise à plein les ressources offertes par le web pour la diffusion d’images en direct. CUTV est un média engagé qui a pris clairement parti pour la contestation étudiante. Elle diffuse intégralement les images et les interviews que lui envoient ses reporters au milieu des cortèges. Les carrés rouge comme on les appelle et leurs sympathisants peuvent donc suivre ce qui se passe en direct.
Cela dit, en face, on n’est pas en reste. Le SPVM, le Service de Police de la Ville de Montréal utilise quant à lui Twitter pour communiquer en direct avec les manifestants qui sont pour la plupart connectés en permanence et qui suivent le fil des infos via ce média social. La Police n’hésite donc pas à utiliser les hashtags des étudiants, le mot-clé #manifencours ou encore #ggi, grève générale illimitée ! On est en Amérique du Nord, l’efficacité prime sur les symboles. Et ça donne ceci diffusé hier soir:
Dernier avis donné à la foule : la #manifencours est illégale. Nous demandons aux gens de se disperser immédiatement.
La police utilise aussi Twitter pour démentir des rumeurs qui peuvent mettre le feu aux poudres dans une manifestation. Exemple :
Pour RT : Contrairement à l’info qui a circulé aujourd’hui, l’armée n’a pas été demandée en renfort à Montréal.
Ou encore :
Pour info : Aucun manifestant n’a été écrasé par un véhicule
Les médias et même les manifestants peuvent donc interroger la Police en permanence. Et elle leur répond. Ca ne résout pas le problème de fond, mais c’est surement un exemple qui mérite qu’on s’y attarde.

21.05.12 Retrouvez #mediaTIC dans Matin Première du lundi au vendredi à 08:30 #Matin1. Plus d’infos à découvrir sur MédiaTIC+ sur Twitter, Google+ et Facebook.

Les réseaux sociaux offrent de nouvelles opportunités de marketing aux entreprises. Mais ils les exposent aussi à des risques accrus.
La pub en ligne, c’est de loin la première source de revenus pour Facebook, et ça justifie une grande part de sa valorisation boursière. Mais ce modèle est-il tenable à long terme ? Ce n’est pas certain.
Le constructeur automobile General Motors vient d’annoncer qu’il retirait le budget de 10 millions de dollars qu’il consacre à la pub sur Facebook. Ce n’est pas un montant très élevé mais GM doute de son impact sur ses ventes. Il va se contenter à l’avenir d’animer sa page, ce qui ne lui coute rien ou presque. A quelques heures de l’introduction en Bourse, la nouvelle a jeté un froid.
Mais un autre grand nom de l’automobile a pris la défense de Facebook. Ford affirme que les pubs sur le réseau fonctionnent quand elles sont combinées avec du contenu attractif et innovant. Et son directeur du marketing explique au magazine Forbes qu’on ne peut pas se contenter de transférer sur les réseaux les mêmes pubs que l’on diffuse ailleurs… Il faut inventer de nouveaux contenus appropriés. Un point de vue confirmé par un spécialiste qui estime que les publicitaires ont encore beaucoup de choses à découvrir dans ce domaine. Mais par le nombre de gens qu’ils touchent, les réseaux sont devenus incontournables.
Et puis les réseaux sont aussi un espace d’interaction. Mais c’est à double tranchant. La BBC a publié une enquête menée au Royaume-Uni qui indique que 36% des britanniques se ont déjà utilisé les réseaux pour entrer directement en contact avec des entreprises. Près des deux tiers, 63%, pensent que c’est un meilleur moyen pour communiquer avec elles que les Centres d’Appels.
Le problème pour les firmes, c’est que c’est de plus en plus souvent pour se plaindre. Explication fournie par l’acheteur d’un four à micro-ondes dont la livraison se faisait attendre : « Plutôt que de devoir prendre mon mal en patience au téléphone en écoutant de la musique, j’ai adressé un message à la société via Twitter. La réponse a été immédiate, et le lendemain, je recevais ma commande ».
En réalité, ce genre de démarche publique constitue une menace pour la réputation des entreprises. Elles ont intérêt à prendre ce risque très au sérieux. Et à y mettre les moyens, car évidemment les réseaux ne fonctionnent pas seulement pendant les heures de bureau. Preuve que ce genre de situations se généralise : il y a maintenant un mot anglais pour désigner ce genre de polémiques publiques où une firme se fait démolir sur les réseaux : bashtag. Un mot forgé à partir de hashtag, mot-clé, et bashing, le fait de donner des coups ou de dénigrer.
Et le concours pour trouver un équivalent français de bashtag est ouvert dès ce matin!
18.05.12 Retrouvez #mediaTIC dans Matin Première du lundi au vendredi à 08:30 #Matin1. Plus d’infos à découvrir sur MédiaTIC+ sur Twitter, Google+ et Facebook.

De plus en plus de gens regardent la télévision avec un deuxième écran à portée de main : celui d’un téléphone ou d’une tablette. Et c’est une véritable révolution ! Une révolution qui se fait discrètement, presque naturellement. L’arrivée de ce qu’on appelle le deuxième écran n’a pas été décidée dans un centre d’étude ou un comité stratégique. Cette nouvelle expérience télévisuelle, ce sont des internautes qui l’ont petit à petit amorcée en commentant les émissions sur les réseaux sociaux. Une pratique innovante rendue possible par le succès des téléphones multimédias et la percée des tablettes et qui ne concerne pas que la télé. Ainsi, aujourd’hui, plus de la moitié des connections à Facebook sont réalisées à partir d’un mobile.
Dans ce nouvel univers, la télévision trouve tout naturellement sa place dans les conversations en ligne. Dès sa création, la télé a alimenté les discussions du lendemain, dans le tram ou autour de la machine à café. Aujourd’hui, ça se fait en temps réel.
Des réseaux sociaux spécialisés ont vu le jour pour partager ce que l’on regarde. IntoNow, une application qui n’est pas encore disponible chez nous, reconnait même le programme que vous êtes en train de regarder, comme Shazam le fait pour la musique, et vous permet d’en discuter.
Les réseaux sociaux généralistes aussi permettent ces échanges. L’exemple le plus connu, c’est The Voice Belgique. L’info et le sport en bénéficient aussi, comme Mise Au Point ou La Tribune. Les discussions sur les réseaux permettent d’attirer l’attention sur un programme en cours. Revers de la médaille pour les chaines, ces réseaux profitent à plein des audiences de la télé.
On assiste donc maintenant à une nouvelle évolution qui résulte de la prise en compte de cette nouvelle donne. Les chaines proposent une offre spécifique pour le deuxième écran. Des expériences sont en cours en Amérique du Nord pour fournir des informations supplémentaires sur la tablette et offrir des espaces de discussions pendant des compétitions sportives.
En Europe aussi, on cherche à développer la télévision sur deux écrans. Pendant la diffusion de son journal, la télévision suisse propose des compléments d’information en temps réel sur la tablette. Et hier soir, France 2 a réalisé sa première expérience de télé avec deuxième écran en prime time. Pendant que le quizz La Grande Révision se déroulait en direct avec des invités en studio, le public pouvait répondre aux mêmes questions chez lui sur un ordinateur, un mobile ou une tablette.
Bien sûr, tout ça est encore expérimental. Un des écueils, c’est de distraire le téléspectateur du programme télé. Mais c’est peut-être là qu’émerge une véritable télévision connectée et sociale.
16.05.12 Retrouvez #mediaTIC dans Matin Première du lundi au vendredi à 08:30 #Matin1. Plus d’infos à découvrir sur MédiaTIC+ sur Twitter, Google+ et Facebook.

C’est une des plus anciennes émissions de radio et de télé : le hit-parade. Un format qui aurait pu faire la fortune de son inventeur s’il avait été déposé. Le fameux Top40 américain est apparu en 1951. Aujourd’hui, ces émissions se font plus rares. C’est en juillet 2006 que la BBC a mis fin à Top Of the Pops qui était devenu la plus vieille émission de télé, elle avait démarré le 1er janvier 1964.
Aujourd’hui, il y a toujours des classements des titres les plus populaires. Et ce n’est pas une surprise dès qu’il s’agit de musique, c’est du Royaume-Uni que provient la nouveauté. Elle a vu le jour hier : le premier classement des titres écoutés en streaming, en diffusion sur internet. The Official Streaming Chart est basé sur les titres les plus diffusés sur des plateformes comme Spotify, Deezer, We7 ou Napster.
Apres l’ère du vinyle, c’est la 3e révolution digitale dans le domaine musical. On a connu le CD. Et puis au début des années 2000, le téléchargement, notamment avec iTunes. Ici aussi on achète un morceau, mais sous forme de fichier que l’on stocke sur son ordinateur, le mobile ou dans le nuage.
Le nouveau classement consacre donc la montée en puissance du streaming, la diffusion à la demande sur internet. Gratuitement si on accepte la pub. Ou sans pub en payant un abonnement qui tourne en général autour d’une dizaine d’Euros au maximum par mois. Cette formule payante permet aussi le stockage sur un appareil mobile, ce qui le rapproche du téléchargement.
Le streaming est en forte progression, notamment depuis que Spotify s’est associé à Facebook. Tous services confondus, il y a eu 2 milliards 600 millions de morceaux écoutés de cette façon l’an dernier au Royaume-Uni, un chiffre qui sera pulvérisé cette année. Et les revenus ont augmenté de 30%. Mais les artistes estiment qu’ils n’en perçoivent que des miettes. Certains font même l’impasse sur le streaming comme ColdPlay. D’autres y voient une opportunité comme Ed Sheeran, 21 ans, c’est l’artiste britannique le plus streamé au Royaume-Uni cette année.
15.05.12 Retrouvez #mediaTIC dans Matin Première du lundi au vendredi à 08:30 #Matin1. Plus d’infos à découvrir sur MédiaTIC+ sur Twitter, Google+ et Facebook.

Les Pays-Bas sont devenus la semaine dernière le premier pays européen qui dispose d’une loi garantissant la neutralité de l’accès à internet. Dans le monde, seul le Chili a déjà mis en œuvre une telle législation. C’est un sujet important mais encore peu connu du grand public.
Mais qu’est-ce la neutralité du Net ? C’est un principe fondamental qui garantit à tous les citoyens un accès libre aux sources, services et contenus disponibles sur internet. Ce droit implique donc que les fournisseurs d’accès sont de simples transmetteurs d’informations. Leur mission, c’est de les acheminer vers les internautes sans contrôle, ni restrictions arbitraires. Les opérateurs doivent donc pratiquer une neutralité totale face aux contenus et aux utilisateurs.
Aux Pays-Bas, ce débat a fait suite notamment à la tentative de l’opérateur historique KPN de surfacturer ses clients qui utilisent des applications qui consomment beaucoup de bande passante, comme la téléphonie via Skype. Une manière de restreindre la concurrence vis-à-vis de ses propres services de téléphonie classique payants. Et aussi une intrusion dans la libre utilisation d’internet par les citoyens qui sera désormais hors-la-loi aux Pays-Bas.
Certes, il existe des différences selon les abonnements à internet qui détermine des plafonds de consommations différenciés. Mais c’est le consommateur qui fixe son volume global qu’il est libre d’utiliser comme il veut. Dans l’univers médiatique, cette question ne se pose pas de la même manière pour la radio ou la télévision. Dans les sociétés démocratiques, leur usage est libre. Et même pour les services payants, c’est l’utilisateur qui détermine l’usage qu’il fait de son abonnement.
La neutralité du Net doit donc garantir un accès maximal du plus grand nombre à toutes les potentialités d’internet, et empêcher que les opérateurs n’en filtrent l’usage ou le réservent à un petit groupe favorisé. Pas question non plus qu’ils surveillent les sites visités par les internautes. Sinon, on ouvre la porte à des formes de censure pratiquées même à l’insu des internautes. Des arguments mis en avant notamment par La Quadrature du Net, une organisation de défense des droits et libertés des citoyens sur internet qui promeut une adaptation de la législation pour garantir le respect des valeurs qui ont présidé à son développement, à commencer par la libre circulation de la connaissance.
D’autres pays européens en discutent aussi. Chez nous, parmi les partis représentés au Parlement, le PS a déposé une proposition de loi l’an dernier. Et le sujet figurait au programme d’Ecolo pour les élections fédérales de 2010. Mais on est encore très loin d’une décision.
14.05.12 Retrouvez #mediaTIC dans Matin Première du lundi au vendredi à 08:30 #Matin1. Plus d’infos à découvrir sur MédiaTIC+ sur Twitter, Google+ et Facebook.

L’affaire fait grand bruit au Royaume-Uni : la Haute Cour de Justice impose aux fournisseurs d’accès à internet le blocage d’un site qui favorise le partage de fichiers musicaux et vidéo.Ce site, c’est The Pirate Bay, qui a acquis une popularité qui dépasse largement les frontières de son pays d’origine, la Suède. Le logo de la Baie des Pirates n’a rien de très hi-tech : il représente un trois-mâts de pirates venu tout droit du 16e siècle. Mais à bord, on utilise les technologies d’aujourd’hui pour défier les grands vaisseaux de l’industrie culturelle. Le site recense des liens permettant d’accéder à des fichiers mis illégalement à la disposition des internautes. D’où la colère des producteurs de musique, de jeux et de séries télé.
La Haute Cour a estimé que ce site viole la loi sur les droits d’auteur à grande échelle. D’où la mise hors-la-loi. La BPI, la fédération britannique de la musique a exprimé sa satisfaction : « De tels sites détruisent des emplois au Royaume-Uni et nuisent aux investissements dans de nouveaux artistes britanniques ». Fin de citation. De leur côté, les pirates affirment ne pas être opposés à la protection des artistes, mais pas au prix de ce qui leur apparait comme de la censure. Et c’est ce débat qui s’envenime au Royaume-Uni. Beaucoup s’inquiètent de voir ainsi la porte ouverte à d’autres interdictions.
C’est un nouvel épisode du renforcement de la lutte contre le piratage, après l’affaire MegaUpload en janvier dernier. Mais les Pirates sont beaucoup plus idéologiques que Kim DotCom. Quand ils ont commencé à avoir des ennuis avec la Justice de leur pays, ils ont créé un parti politique qui défend la liberté totale sur internet. On a pu croire au début à une manœuvre de diversion. Mais cette transformation connait un réel succès. En Allemagne ils ont réalisé une percée lors des élections régionales à Berlin l’an dernier. Et ce n’est pas un feu de paille : un sondage récent leur donne 13% des intentions de vote, ce qui en ferait le 3e parti du pays, devant les Verts et Die Linke, le Parti de Gauche.
En Autriche, ils viennent de décrocher leur premier élu, un conseiller municipal à Innsbruck, la 5e ville du pays, une rampe de lancement en vue des régionales de l’an prochain. En Flandre, le Piratenpartij se présentera aux communales à Anvers, Louvain et Gand.
Et lors d’une réunion d’une vingtaine de Partis Pirates qui s’est tenue le mois dernier à Prague, les délégations ont fixé leur objectif prioritaire : les élections européennes de 2014. Le Parlement Européen est en effet une assemblée plus adéquate pour mener leur combat qu’un conseil communal. Et c’est un scrutin qui a démontré par le passé qu’il se prête bien à un vote contestataire ou de cœur. Une surprise, petite ou grande, n’est donc pas exclue.
02.05.12 Retrouvez #mediaTIC dans Matin Première du lundi au vendredi à 08:30 #Matin1. Plus d’infos à découvrir sur MédiaTIC+ sur Twitter, Google+ et Facebook.