Agnosgeek multitâche.
Chroniqueur : médiaTIC, RTBF.be
Secrétaire-général de la CTF (Télés francophones publiques de France, Canada-Québec, Suisse, Belgique)
Maître de Conférences à ULg Liège
Columnist De Morgen.
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Facebook : les futurs actionnaires ont le sourire. Et les utilisateurs ?
#médiaTIC 31.01.12 #Matin1 #Path

L’entrée en Bourse de Facebook parait imminente. Ce sera une des plus grosses introductions boursières de tous les temps. Mais si les futurs actionnaires ont le sourire, c’est la déprime qui menace chez certains utilisateurs.C’est la conclusion d’une étude menée par des chercheurs de l’Université de Utah Valley aux Etats-Unis. Ils ont fait passer un test à 425 étudiants : des affirmations auxquelles il fallait répondre par vrai ou faux. Exemple : « La plupart de mes amis ont une meilleure vie que la mienne ». « Mes amis sont plus heureux ». Ou encore « La vie est injuste ». Questions subsidiaires : « Avez-vous un profil Facebook? Combien de temps y passez-vous? Combien d’amis y avez-vous que vous ne connaissez pas bien dans la vie réelle ? »
Conclusion : ceux qui sont les plus actifs sur Facebook ont l’impression que les autres sont plus heureux qu’eux. C’est un phénomène psychologique connu : une tendance à surestimer le bonheur des autres. Sur Facebook, on est inondé par toutes ces photos de gens souriants et heureux, en famille ou avec des amis, en vacances ou en train de s’amuser. Et si à ce moment-là, votre vie à vous, c’est moyen-moyen, il y a de quoi déprimer. Surtout si vous ne connaissez pas l’envers du décor. C’est pour cette raison que les gens qui sont actifs sur le réseau, mais en interaction avec des gens qu’ils connaissent dans la vie réelle, sont moins sujets à ce sentiment de dévalorisation de leur existence.
Facebook fonctionne un peu comme un prisme déformant. Donc il faut pouvoir prendre de la distance, prendre du recul et réinvestir dans la vie réelle. Mais Facebook veille et il multiplie les nouveautés pour montrer son dynamisme. Surtout à la veille de son entrée en Bourse. La nouvelle présentation de la ligne du temps qu’il vient de lancer permet maintenant de compléter son profil jusqu’au moment de la naissance. Donc avant le début de Facebook, comme si le réseau avait toujours existé.
Après le développement tout azimut de son contenu et son extension à la planète entière, le réseau social veut maintenant remonter le temps. Ce Journal comme Facebook l’appelle est déjà disponible et il sera généralisé d’office à tous les utilisateurs dans quelques jours.
Cela dit, paradoxalement, à force de gonfler, Facebook laisse des trous dans le marché. Et de nouveaux réseaux sociaux en profitent. Comme par exemple Path, P A T H, chemin en anglais, fondé notamment par un ancien de Facebook. Signe des temps, Path est accessible uniquement sur le mobile. Il favorise le partage privé de choses simples comme des sentiments, des photos et des vidéos avec ses proches. Il n’est d’ailleurs pas possible d’y avoir plus de 150 amis. Contre le gigantisme, le retour du Small is Beautiful…

31.01.12 Retrouvez #mediaTIC dans Matin Première du lundi au vendredi à 08:30 #Matin1. Plus d’infos à découvrir sur MédiaTIC+ et sur Twitter @AlainGerlache
#30J, les risques de la com’ sur Twitter.
#médiaTIC 27.01.12 #Matin1
En Flandre, les discussions à propos de la grève de lundi prochain font rage sur les réseaux sociaux.Le paradoxe, c’est que c’est l’ABVV, la FGTB flamande qui est à l’origine de toute cette agitation. Elle a mis en place une stratégie de communication tout azimut pour mobiliser en vue de la grève de ce lundi. Il y a les canaux traditionnels : affiches, tracts, médias. Le syndicat a aussi une page sur Facebook. Et cette fois, il a voulu se lancer sur Twitter. Comme le dit au Standaard une porte-parole du syndicat socialiste : « Nous avons voulu impliquer les jeunes dans le débat en utilisant leur propre média comme canal de communication. Et en plus, c’est pratique pour nos militants et nos cadres ».
La FGTB a donc fait les choses dans les règles. Elle a lancé un hashtag, un mot-clé qui permet de retrouver facilement tous les messages qui traitent du même sujet : #30j comme 30 janvier, date de la grève. Rien à redire : c’est clair, c’est court, et c’est bilingue.

Et puis le syndicat a voulu faire comme d’autres avant lui. Il a proposé aux internautes de remplacer leur avatar, leur photo, par un logo sur fond rouge qui dit : « Faites grève le 30 ». C’est une manière de s’engager et aussi d’augmenter la visibilité de l’action. Une technique qui a déjà utilisée par des associations humanitaires comme par exemple Médecins Sans Frontières.
Et comment réagissent les internautes ?Certains l’on fait. Mais sur les réseaux, on ne contrôle pas tout… Très vite, le logo a été modifié et détourné. Il est devenu : « Ne faites pas grève le 30 » Et depuis 48h, c’est cette version-là qu’on voit beaucoup. C’est devenu une sorte de match, de sondage instantané pour ou contre la grève. Et la propagation des messages opposés aux syndicats est facilitée par le hashtag créé par l’ABVV….

Sur Facebook aussi, ça chauffe. En réponse au Président de la FGTB flamande, une lettre ouverte a été publiée par un étudiant sous le titre : « Vous ne choisissez pas pour nous, nous choisissons nous-mêmes ». Avec ce matin le soutien de plus de 11.000 internautes. Il faut d’ailleurs relever que les polémiques pour ou contre la grève sont beaucoup plus vives en Flandre que du côté francophone, mais ça, c’est un autre débat…
Pas simple donc la com’ sur les réseaux. La même mésaventure vient d’arriver à la chaine de restauration rapide Mc Donald’s. Elle a invité les gens à raconter leurs meilleurs moments chez McDo en utilisant le mot clé #McDoStories, les histoires de McDo. Résultat : un déferlement de messages négatifs et une interruption brutale de la campagne. Bref, un McFail, un McPlantage pour reprendre une expression typique.
La communication sur les réseaux sociaux est à la mode. Mais elle est à double tranchant. Et sans doute pas encore complètement maitrisée…
27.01.12 Retrouvez #mediaTIC dans Matin Première du lundi au vendredi à 08:30 #Matin1. Plus d’infos à découvrir sur MédiaTIC+ et sur Twitter @AlainGerlache
Décollage réussi pour le Huffington Post Made In France?
#médiaTIC 23.01.12 #Matin1 #HuffPost

La déclinaison française du site d’infos américain le Huffington Post est en ligne et c’est un évènement à plus d’un titre.
« Décollage réussi au Bourget », le titre barre la page d’accueil au-dessus d’une photo de François Hollande, une photo en grand, comme il se doit aujourd’hui sur les sites d’infos. Un sous-titre: Attention aux secousses. Premier article « #Bourget, le meeting vu de Twitter » comme nous le faisons parfois ici avec la politique belge. Et des renvois vers d’autres médias comme Rue89 et le Figaro.
Toute la recette du Huff Post est là. Un ton, un contenu, une ouverture qui le distinguent des versions web des médias traditionnels. Ici, on est parti d’une page, ou plutôt d’un écran blanc. D’où le succès de ce media en ligne fondé en 2005 par Ariana Huffington, une immigrée grecque devenue une figure de proue de la gauche médiatique américaine. Un succès couronné il y a un an par son rachat par le géant de l’internet AOL pour 245 millions d’Euros.
Et une nouvelle étape : le développement international. D’abord au Royaume-Unis et au Canada. Aujourd’hui en France. Le Québec suivra bientôt. C’est donc l’émergence d’un nouveau modèle de média qui combine à la fois la dimension internationale et des implantations nationales. Le Huffington Post français ne sera pas une traduction du site américain, mais un produit original ancré dans la réalité française.
D’où son association avec Le Monde et la désignation d’Anne Sinclair à sa tête. Le Monde trouve là le moyen de diversifier son offre sur le web, comme l’a fait récemment le Nouvel Obs en acquérant Rue89. La désignation d’Anne Sinclair est plus délicate. D’où la première sortie médiatique de l’épouse de DSK dans le magazine Elle la semaine dernière. Une tentative de solder les comptes avant un nouveau départ. Malgré l’écho dans la presse people, pas sûr que ça suffira. Le nouveau titre pourra-t-il traiter des suites des affaires DSK en toute impartialité ? A en croire les autres médias français, la question inquiète jusqu’aux journalistes du Monde, qui craignent de voir la polémique affecter la réputation de leur quotidien.
Quoiqu’il en soit, le Huffington Post a attiré d’autres signatures, comme l’ancienne ministre UMP Rachida Dati ou l’humoriste Nicolas Bedos. Et des collaborateurs bénévoles qui enrichissent l’offre du site. Outre-Atlantique, des voix se sont d’ailleurs élevées pour critiquer cette pratique qui consiste à ne pas rétribuer des contributeurs extérieurs, au nom de l’intégration des lecteurs dans le fonctionnement des médias. C’est une polémique embarrassante, surtout pour un média qui se veut progressiste.
Alors, décollage réussi pour le Huffington Post Made in France ? Ici aussi le sous-titre pourrait être : Attention aux secousses !
23.01.12 Retrouvez #mediaTIC dans Matin Première du lundi au vendredi à 08:30 #Matin1. Plus d’infos à découvrir sur MédiaTIC+ et sur Twitter @AlainGerlache

La justice américaine vient de frapper un grand coup en ordonnant la fermeture du site de téléchargement Megaupload et en procédant à l’arrestation de ses dirigeants.
Megaupload, c’est un des plus grands sites mondiaux de de stockage et de téléchargement de fichiers informatiques. Il permet par exemple aux internautes de transférer des fichiers volumineux. Le site est gratuit, mais il y a aussi une version payante si on veut disposer de plus de capacité. Il est basé à Hong Kong.
Dans le communiqué publié sur le site du FBI, les autorités judiciaires américaines accusent Megaupload d’être une «entreprise criminelle internationale organisée», d’avoir violé les lois sur les droits d’auteurs et favorisé le piratage. Megaupload serait utilisé pour pirater et diffuser de la musique, des jeux vidéo, des séries télé et des films protégés par le copyright. Les détenteurs des droits évaluent leur manque à gagner à 500 millions de dollars. Toujours selon le site du FBI, Megaupload a jusqu’à 50 millions de visiteurs par jour et il mobilise à lui tout seul 4% du trafic sur le net.
Signe que la justice a décidé de frapper très fort, le fondateur de Megaupload Kim Schmitz qui se fait maintenant appeler Kim Dotcom a été arrêté avec trois autres cadres en Nouvelle-Zélande. Ils risquent jusqu’à 20 ans de prison et vont être extradés vers les Etats-Unis.
Cette action de très grande envergure intervient à un moment particulier,au lendemain de la fermeture, volontaire celle-là, de nombreux sites américains comme Wikipédia. Un blackout de 24h pour dénoncer les menaces sur la liberté d’expression que feraient courir les projets anti-piratage SOPA et PIPA actuellement en discussion au Congrès américain.
C’est donc déjà chauffé à blanc que le web s’est enflammé. La fermeture de Megaupload est le sujet le plus discuté sur les réseaux sociaux. Et le groupe Anonymous, déjà connu pour ses actions de représailles, a lancé des attaques contre les sites du FBI et de ceux de l’industrie musicale. Ils sont à présent de retour en ligne.
Cette question dépasse donc de loin, les frontières des Etats-Unis. Dès l’annonce de l’opération, L’Elysée a réagi. Pour Nicolas Sarkozy, il faut maintenant une collaboration judiciaire et policière active entre Etats, pour porter un coup d’arrêt au développement de sites qui dit-il « réalisent des profits criminels et menacent la création ». Il est vrai que François Hollande, le candidat socialiste avait dans la journée pris ses distances avec Hadopi, le dispositif français de lutte contre le piratage.
Mais au-delà de ce petit jeu, il ne faut pas s’y tromper, et c’est le fait le plus marquant dans toute cette affaire: comme beaucoup d’autres problèmes aujourd’hui ces questions ne se règleront plus au niveau des états. La question du piratage, de la préservation de la création mais aussi de la liberté d’expression sur le web sont devenus des enjeux mondiaux.
20.01.12 Retrouvez #mediaTIC dans Matin Première du lundi au vendredi à 08:30 #Matin1. Plus d’infos à découvrir sur MédiaTIC+ et sur Twitter @AlainGerlache
Bashing, l’application anti-homophobie qui fait débat.
#médiaTIC 19.01.12 #Matin1