Alain Gerlache,
Chroniqueur : médiaTIC RTBF,
Secrétaire-général de la CTF (Télés francophones publiques de France, Canada-Québec, Suisse, Belgique),
Maître de Conférences à ULg Liège,
Columnist De Morgen,
Agnosgeek multitâche.

Text

Alors que des rumeurs à propos de l’arrivée d’un Apple Store à Bruxelles refont surface, une étude américaine démontre que ces magasins sont particulièrement rentables aux Etats-Unis. Si vous avez eu l’occasion d’en visiter un, vous connaissez ces univers blanc immaculés aux tables en bois où s’activent nonchalamment des jeunes gens souriants en T-Shirt bleu. Des établissements implantés dans des endroits selects, comme le célèbre Cube au coin de Central Park à New York. A Paris, c’est l’enceinte du Louvres qui a été choisie. 

D’après le livre The Apple Experience, cité par le blogue IThink.fr, les Apple Stores américains seraient les boutiques les plus rentables du monde. Ils génèrent près de 17 fois plus de chiffres d’affaires que la moyenne des autres magasins, tous secteurs confondus : près de 6000 dollars par mètre carré. A titre de référence, 300 dollars est déjà considéré comme un résultat tout-à-fait honorable.

Le sous-titre du livre est d’ailleurs : les secrets de la fidélité insensée de la clientèle !  Apple soigne particulièrement son expérience client. Et ça passe par les vendeurs recrutés, motivés et formés avec un soin tout particulier au contact avec le public. Tous ces éléments expliquent sans doute aussi pourquoi les ventes en ligne n’ont pas encore affecté la rentabilité des magasins physiques qui continue à progresser. 

La firme vient d’ailleurs de surprendre les analystes en annonçant d’excellents résultats pour les 3 derniers mois.  Explosion des ventes de téléphones, hausse de celles des ordinateurs,  il n’y a que l’iPod classique qui recule de 15% mais c’est un produit en fin de vie.

Mais si Apple est la compagnie technologique la plus profitable, c’est aussi grâce à sa créativité en matière fiscale.  C’est ce qu’affirme ce weekend le New York Times sous le titre : Comment Apple évite de payer des milliards de dollars d’impôts.  Un long dossier où le journal détaille tous les moyens légaux mis au point par la firme pour réduire sa taxation. Un exemple : son quartier général est à Cupertino en Californie. Mais les profits sont recueillis  dans un petit bureau installé à 300 km de là, à Reno au Nevada. Explication : en Californie le taux d’imposition est de 8,84%. Au Nevada, il est de zéro.

Des techniques utilisées aussi au plan international avec des filiales en Irlande ou au Luxembourg. Des exemples qui sont suivis par les autres entreprises technologiques. Résultat : leur taux d’imposition réel inférieur d’environ un tiers par rapport aux entreprises comparables mais qui fabriquent des automobiles par exemple. Une voiture est vendue à un américain aux Etats-Unis, une chanson en ligne, de n’importe où. Conclusion du New York Times : le code des impôts américain est devenu inadapté face à ces nouveaux géants technologiques.

30.04.12 Retrouvez #mediaTIC dans Matin Première du lundi au vendredi à 08:30 #Matin1. Plus d’infos à découvrir sur MédiaTIC+ sur Twitter, Google+ et Facebook.

[Flash 9 is required to listen to audio.]

Un Facebook pour anciens terroristes ?

#médiaTIC 27.04.12

Text

Un réseau social pour les anciens terroristes, néonazis, et autres extrémistes qui ont eu recours à la violence. L’idée surprend, mais ça existe vraiment.Ce Facebook des terroristes vient d’être lancé avec le soutien de l’ISD, l’Institut pour le dialogue stratégique basé à Londres, la Gen Next Foundation, une organisation qui veut anticiper les défis des générations futures et Google Ideas, le Think Tank, la boite à idée de Google pour promouvoir le rôle de la technologie dans la résolution des problèmes de notre époque. Le nom de ce réseau social un peu particulier : AVE, Against Violent Extremism, Contre l’Extrémisme Violent. L’information est donnée par le magazine Wired.

AVE se présente comme une plateforme en ligne où des extrémistes repentis et aussi des victimes d’actes terroristes peuvent partager leurs expériences dans le but d’aider tous ceux qui seraient tentés par l’action violente ou qui voudraient s’en écarter.

L’idée a surgi lors du Sommet Contre l’Extrémisme Violent qui s’est tenu à Dublin en 2011. Les discussions avaient mis en lumière l’influence que peuvent exercer les terroristes repentis pour dissuader ceux qui sont encore en activité ou sur le point de s’y engager. Et la nécessité d’offrir une structure d’accueil à ceux qui renoncent à la violence. Un support moral mais aussi pratique pour favoriser leur réinsertion.

Il y a des exemples de ce genre de réinsertion dans la société : une association suédoise, Exit, qui aide à la réhabilitation d’anciens néo-nazis. Son président explique que ce qui est déterminant pour qu’un extrémiste renonce à la violence, ce n’est pas de tant de tenter de le convaincre qu’il se trompe. Le facteur-clé, c’est de ne pas les juger et de leur proposer une manière concrète de se réinsérer en trouvant un nouveau travail, des amis, une nouvelle vie. Et ça vaut aussi bien pour un skinhead que pour un islamiste radical.

AVE compte actuellement 44 « anciens » comme on les appelle et 18 « survivants », c’est le nom donné aux victimes. Les membres sont localisés sur une carte du monde pour favoriser les contacts. Le réseau compte atteindre  500 membres au bout d’un an, et 1000 après deux années d’existence. Il est aussi ouvert à toutes les personnes qui souhaitent s’engager dans la lutte contre l’extrémisme violent, militants, chercheurs ou entrepreneurs. 

Jonathan Powell, un ancien Chef de Cabinet du Premier Ministre Tony Blair estime que cette initiative est tout-à-fait innovante pour réaliser un projet que les gouvernements seraient incapables de prendre en charge eux-mêmes.  AVE démontre en tout cas que le réseau en ligne est devenu aujourd’hui un modèle d’organisation sociale reconnu.

27.04.12 Retrouvez #mediaTIC dans Matin Première du lundi au vendredi à 08:30 #Matin1. Plus d’infos à découvrir sur MédiaTIC+ sur Twitter, Google+ et Facebook.

[Flash 9 is required to listen to audio.]

Les jeunes et la société numérique : plus ouverts, pas inconscients.

#médiaTIC 26.04.12

Text

Avoir 20 ans en 2012, c’est aussi être connecté quasiment en permanence.  Une situation que les jeunes aujourd’hui vivent mieux que les générations précédentes.C’est ce qui ressort de l’enquête intitulée « This Digital Life » Cette vie numérique, réalisée par EuroSCG dans 19 pays, dont la Belgique. Plus de la moitié des personnes interrogées pensent que la technologie restreint notre vie privée. Une même proportion redoute de se trouver confrontée à des contenus inappropriés les concernant et qui auraient été postés par leur amis ou des membres de leur famille. Et 70% considèrent que les jeunes d’aujourd’hui n’ont aucun sens de la distinction entre ce qui est personnel et public.

Lorsque l’on affine les résultats, on constate que la génération des 18-34 ans est systématiquement plus positive par rapport à ces évolutions que les précédentes, les 35-54 et les 55+. Mais malgré cela, même au sein du groupe des plus jeunes, il y a de réelles  inquiétudes par rapport à l’impact de ces mutations sur la vie de tous les jours. 53% des jeunes adultes considèrent par exemple que la communication en ligne nuit aux relations humaines dans la vie réelle. Conclusion : même si la nouvelle génération est plus ouverte face au monde hyper-connecté, elle est loin de professer une foi béate dans les bienfaits de la technologie sur l’évolution de la société.

Autre conséquence de l’exposition de nos vies privées sur internet, leur utilisation par les médias, comme ce fut le cas lors de l’accident du car belge en Suisse.On s’en souvient, cela a suscité une polémique suite à la publication par plusieurs médias de photos des victimes. Des portraits individuels, des photos de classe ou encore des clichés pris lors du séjour quelques heures à peine avant l’accident. Des documents que ces journaux sont allés chercher sur les blogues et les sites des écoles et aussi sur les médias sociaux.

Comme il l’avait annoncé à l’époque, le Conseil flamand de la déontologie journalistique vient de publier sa « Directive sur l’utilisation des informations et des images provenant de sites personnels et des réseaux sociaux ».

Elle réaffirme que les médias n’ont pas un droit automatique à les diffuser. Les journalistes doivent chaque fois s’enquérir de la nature du site et de l’identité du propriétaire. Ils doivent vérifier si le site est privé ou libre d’accès. Et dans ce cas, ils peuvent éventuellement reprendre des éléments. Mais seulement s’ils ont, je cite, une réelle signification sociale. Des balises utiles donc, mais qui n’éviteront pas tous les conflits d’interprétation à l’avenir.

26.04.12 Retrouvez #mediaTIC dans Matin Première du lundi au vendredi à 08:30 #Matin1. Plus d’infos à découvrir sur MédiaTIC+ sur Twitter, Google+ et Facebook.

[Flash 9 is required to listen to audio.]

La géolocalisation de plus en plus populaire

#médiaTIC 25.04.12

Text

La géolocalisation, c’est la fonction qui permet de vous positionner à partir des points de connexion de votre appareil. Malgré les craintes concernant la protection de la vie privée, la géolocalisation est de plus en plus populaire auprès des propriétaires de téléphones multimédias.

Près d’un cinquième, 19%, des personnes qui possèdent un téléphone intelligent dans le monde utilisent déjà la géolocalisation. Ce chiffre monte à 54% en Corée du Sud, autour de 40% aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et en Espagne et 30% en France. L’enquête mondiale réalisée par TNS Sofres donne aussi des chiffres pour la Belgique. Notre pays se situe juste au-dessus de la moyenne : 20% des personnes qui y ont accès utilisent la géolocalisation. 36% envisagent de le faire à l’avenir.

C’est la fonction Navigation qui est la plus utilisée, et de loin. Elle permet de se situer sur une carte et d’utiliser son mobile comme un GPS, y compris comme piéton. La géolocalisation permet aussi de repérer des endroits à proximité, grâce notamment aux réseaux sociaux comme Foursquare qui donnent également accès aux recommandations des utilisateurs. Ce sont les restaurants qui ont la cote.

Autres fonction populaires, l’identification des amis qui se trouvent  à proximité, la recherche d’un itinéraire et des horaires en transports publics et les offres spéciales dans les commerces aux alentours.

C’est donc surtout un nouvel outil de marketing.C’est un des conclusions de l’étude : « les services de géolocalisation apportent aux Responsables Marketing des possibilités de ciblage sans précédent ». Mais attention aux faux pas ! Il y a d’énormes disparités entre les zones géographiques.  On parlait de la recherche d’amis qui se situent aux alentours. Elle est très populaire en Amérique Latine, beaucoup moins en Europe. Et ces différences apparaissent aussi dans les attentes et la tolérance par rapport aux démarches commerciales. Recevoir sur son téléphone un bon de réduction numérique lorsqu’on passe devant un magasin, ça marche dans certains pays, et ce n’est pas du tout toléré dans d’autres.

On revient ainsi aux fondamentaux que tous ceux qui utilisent le web pour faire leur promotion ont eu un peu tendance à oublier: il ne suffit pas de transposer ce qui est efficace ailleurs, il faut le moduler en fonction de la culture locale.

D’où cette recommandation finale des auteurs de l’enquête : « Pour ne pas être perçus comme intrusifs, ces services doivent s’adapter aux spécificités de chaque marché en matière de relation consommateurs-marques. Lorsque les marques font bien les choses, il existe un véritable potentiel de croissance en termes de ventes, de fidélité et d’engagement ».

25.04.12 Retrouvez #mediaTIC dans Matin Première du lundi au vendredi à 08:30 #Matin1. Plus d’infos à découvrir sur MédiaTIC+ sur Twitter, Google+ et Facebook.

Text

Un milliard de dollars, c’est le chiffre d’affaire de Facebook au premier trimestre de cette année. Une information très attendue alors que son entrée en Bourse est imminente.C’est une progression de 45% par rapport aux 3 premiers mois de 2011. Tel quel, c’est spectaculaire et de nature à attirer les investisseurs. Mais les choses se présentent différemment lorsqu’on les confronte aux prévisions des analystes. Ils tablaient sur un montant de 1,3 milliards. On est donc loin du compte. Le résultat net a d’ailleurs chuté de 12%. Il est passé de 233 millions de dollars à 205. Un recul qui jette un froid dans cette période délicate.

Le réseau social explique cette situation par les variations saisonnières. Les annonceurs mettent le paquet dans la période qui précède les fêtes de fin d’année. Et puis ils se rattrapent au début de l’année suivante. Mais c’est quand même  la première fois depuis trois ans que le chiffre d’affaires de Facebook ne progresse pas d’un trimestre sur l’autre. Un tableau en demi-teinte donc que Facebook tente de corriger en annonçant qu’il a dépassé la barre des 900 millions de membres dans le monde. Et qu’il a 33% d’utilisateurs mensuels actifs de plus qu’il y a un an.

Il faut tout faire pour séduire et rassurer les investisseurs.C’est pour ça que Facebook continue à s’activer sur le plan stratégique. Il a levé hier un coin du voile  sur les raisons de l’acquisition pour un milliard de dollars d’Instagram qui permet le partage de photos à partir de téléphones intelligents. “Nous pensons que l’usage mobile de Facebook est essentiel pour maintenir notre croissance.  Nous cherchons à accroitre cet usage, même s’il ne se traduit pas directement par des revenus significatifs”.  Aujourd’hui, plus de la moitié des utilisateurs de Facebook se connecte déjà via un mobile.

Et puis, hier aussi, le réseau a annoncé qu’il allait débourser 550 millions pour utiliser des centaines de brevets que Microsoft vient d’acheter aux enchères  au géant américain AOL. La nature de ces brevets n’a pas été révélée. Mais c’est clairement une tentative  pour Mark Zuckerberg de conforter la position de son entreprise sur fond de procédures judiciaires avec Yahoo qui l’accuse de violer ses propres  brevets.

Un porte-parole de Yahoo a d’ailleurs enfoncé le clou : “Les entreprises qui achètent des brevets sont souvent en position de faiblesse. Cette annonce  valide notre dossier contre Facebook”.  De son côté, Facebook estime que cette acquisition protège ses intérêts à long terme. Quant à Microsoft il se frotte les mains : “Cette opération nous permet de récupérer plus de la moitié de nos coûts lors de l’achat des brevets d’AOL ». On peut dire que les dirigeants de Microsoft qui est aussi allié avec Yahoo,  ont passé hier une excellente journée…

24.04.12 Retrouvez #mediaTIC dans Matin Première du lundi au vendredi à 08:30 #Matin1. Plus d’infos à découvrir sur MédiaTIC+ sur Twitter, Google+ et Facebook.

[Flash 9 is required to listen to audio.]

Ici Radio Bruxelles.

#RadioLondres #médiaTIC 23.04.12

Revu et Corrigé

RTBF, La Une 22.04.12