
« Licenciements en pagaille dans le secteur des médias » en Belgique, c’est comme cela que l’Association des Journalistes décrit la situation. 35 personnes en moins chez Sudpresse et 6 départs au Soir, ça c’est pour le Groupe Rossel. Quant à la l’agence de presse Belga, elle va se séparer de 9 personnes dont 5 journalistes.
La Flandre n’est pas épargnée. Une centaine d’emploi sont menacés, dans des télés locales, la presse quotidienne et magazine ou encore dans les chaines privées VTM et VT4.
A chaque fois, ce sont les mêmes justifications: mutations indispensables, augmentation des coûts, baisse des recettes, détérioration de la rentabilité, nécessité d’investir dans de nouveaux outils. La conjonction de la plus grande mutation technologique et de la crise économique la plus sévère depuis des dizaines d’années peut se révéler mortelle.
Chez nos voisins, France Soir a disparu des kiosques et La Tribune risque de suivre. Aux Etats-Unis, la saignée continue. Selon le blogue Paper Cuts cité par le quotidien québécois Le Devoir, plus de 3700 postes ont disparu en 2011. C’est un tiers de pertes d’emplois en plus que l’an dernier.
La fin de la presse impriméece sera en 2017 selon le Center for the Digital Future un centre d’étude des médias très réputé de l’Université de Californie du Sud. Pour son directeur : «La plupart des journaux imprimés disparaîtront d’ici cinq ans. Les seuls qui survivront se situeront aux extrémités du spectre, les plus grands et les plus petits ». Soit les très grands médias de référence comme le New York Times et le Washington Post. Ou alors les petits journaux spécialisés. Tous les autres passeront au tout numérique ou disparaitront.
Mais la migration sur les écrans ne garantit pas à elle seule la survie.C’est ce démontre l’annonce du rachat du site d’infos en ligne Rue89 par le Nouvel Observateur. Depuis sa fondation en 2007, Rue89 a acquis une réputation et des lecteurs. Mais il n’a pas réussi à gagner de l’argent. Ses dirigeants ont beau clamer que le site continuera son travail en toute indépendance, cette évolution laisse un gout amer pour beaucoup.
A l’inverse, un autre pure player comme on dit, Médiapart, dirigé par Edwy Plenel a opté pour un modèle payant original. Cette année, ses comptes indiquent 500 mille euros de bénéfice pour 5 millions de chiffre d’affaires. Il fait vivre une soixantaine de personnes aujourd’hui. Ses lecteurs apprécient sa ligne éditoriale, clairement marquée à gauche, et la qualité de ses infos et de ses scoops, comme dans l’affaire Bettencourt. Et pour ces raisons, ils acceptent de faire un geste simple mais essentiel: payer.
23.12.11 Retrouvez #mediaTIC dans Matin Première du lundi au vendredi à 08:30 #Matin1. Plus d’infos à découvrir sur MédiaTIC+ et sur Twitter @AlainGerlache