C’est la rentrée, placée à la charnière entre le passé et l’avenir. Et d’abord, ce chiffre : 100 millions. C’est le nombre d’albums vendus en ligne aux Etats-Unis en 2011. Ça représente un peu plus de 50% du total des disques écoulés. Pour la première fois, les téléchargements payants ont dépassé les ventes de CD.

L’avenir, en ce début d’année ce sont aussi 3 lettres : CES, Consumer Electronic Show, la grande exposition de la technologie grand public qui se tient à Las Vegas. Sa création remonte à 1967. Mais avec la frénésie d’innovations provoquée par la révolution numérique, son dynamisme est intact. C’est là que tous les grands noms présentent les produits qui devraient séduire le public dans les mois qui viennent. Car c’est bien à lui que reviendra le dernier mot. Adoptera, adoptera pas, telle est la question.

Cette année, les fabricants misent par exemple sur les ordinateurs ultraportables pour tenter de contrer le succès des tablettes, sur un nouveau type d’écran télé qui s’appelle Oled et qui devrait améliorer sensiblement la qualité de l’image même en très grand format, ou encore des appareils photo connectés qui permettent donc d’envoyer directement les clichés dans le cloud, le nuage de stockage et de partage qui rend les documents accessibles partout, même avec un appareil mobile.

A propos de photo, une des marques les plus emblématiques du 20e siècle est sur le point de disparaitre.C’est une des plus belles aventures à la fois industrielles et culturelles du siècle dernier. Kodak est apparu en 1888. Son fondateur George Eastman cherchait un nom qui se prononce de la même façon dans toutes les langues et qui commence par un K, une lettre dont il appréciait le coté incisif.

Au milieu des années 1960, Kodak employait près de 80 000 personnes dans le monde. Aujourd’hui, la firme vient de demander la protection de la loi américaine sur les faillites. Le Wall Street Journal estime que l’entreprise vaut à présent moins de 120 millions de dollars contre encore plus de 30 milliards en 2004, quand elle a été retirée de l’indice Dow Jones après avoir fait partie des valeurs américaines les plus puissantes pendant 70 ans.

Et pourtant, c’est Kodak qui a inventé l’appareil photo numérique en 1975. Le problème, c’est que ses dirigeants n’y ont pas cru. Comme l’explique à l’AFP Gregori Volokhine, le directeur d’une maison de Bourse à New York: “Par peur de saboter sa technologie maitresse, l’argentique, ou par crainte du changement, les dirigeants de Kodak ont refusé de s’adapter aux nouvelles exigences du numérique.” La suite est connue. Rien ne sert d’innover, il faut commercialiser à point.

09.01.12 Retrouvez #mediaTIC dans Matin Première du lundi au vendredi à 08:30 #Matin1. Plus d’infos à découvrir sur MédiaTIC+ et sur Twitter @AlainGerlache

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