
Depuis la création de Facebook, on a tendance à croire qu’aujourd’hui, il faut être un jeune étudiant pour lancer une entreprise innovante. Mark Zuckerberg n’avait que 20 ans quand il a jeté les bases du plus grand réseau social du monde. Et comme il fait des émules, on est arrivé à la conclusion qu’il fallait être dans sa prime jeunesse aujourd’hui, pour avoir des idées de génie et lancer des start-ups qui vont conquérir le monde.
Faux ! répond le chercheur américain Vivek Wadhwa. Son point de vue, il le détaille pour site d’infos Huffington Post. Il observe qu’aux Etats-Unis, un nombre croissant de personnes de 50, 60, voire de 70 ans créent leur entreprise. Et il explique qu’ils ont davantage de temps libre et de sécurité financière. « Quand les gens atteignent cet âge, ils ont l’expérience, le savoir, les économies, ils ont envie de créer quelque chose avant de prendre leur retraite. Et donc ils se lancent dans l’aventure.»
Pour cet universitaire, les baby-boomers américains seront donc la prochaine génération d’entrepreneurs. En 2008 déjà, il y avait deux fois plus de quinquas parmi les créateurs d’entreprises que de jeunes de moins de 25 ans. La moyenne, c’était 40 ans. Une tendance qui s’est encore affirmée depuis.
Et qui va à totalement à l’encontre des idées reçues,surtout chez nous, où le débat c’est l’âge de la pré-retraite. Pour Vivek Wadhwa, « On pense qu’il faut être jeune pour innover, et que n’importe quelle école supérieure peut créer Facebook ! » Mais Benjamin Franklin avait 46 ans lorsqu’il a réalisé ses expériences sur l’électricité et plus de 70 quand il a inventé les lunettes à double foyer. Plus près de nous, Steve Jobs avait passé les 45 ans quand il a présenté l’iPod, l’iPhone et l’iPad. C’est quand il était jeune qu’il s’est fait virer d’Apple…
Un point de vue partagé par Rieva Lesonsky, la fondatrice et CEO de GrowBiz Media. Elle l’affirme : « Les quinquas sont les nouveaux trentenaires. Les baby-boomers ne ressentent pas leur âge chronologique. Ils ont encore de belles années devant eux. Ils ne veulent pas s’ennuyer ou courir le risque de tomber à court d’argent. »
C’est ce que souligne aussi Steve Strauss, un autre contributeur du Huffington Post. La crise est passée par là. La récession pousse les plus âgés à poursuivre une activité rémunérée. C’est mieux que de devoir vendre sa maison. Strauss pense que la génération Y, celle des jeunes numériques nés dans les années 80 et 90, est la plus entrepreneuriale de toute l’histoire des Etats-Unis. Mais cet état d’esprit a été encouragé par leurs parents. Et comme ils restent actifs, par nécessité ou par envie, les Etats-Unis pourraient bien connaître un nouvel âge d’or de l’entreprise innovante.
10.01.12 Retrouvez #mediaTIC dans Matin Première du lundi au vendredi à 08:30 #Matin1. Plus d’infos à découvrir sur MédiaTIC+ et sur Twitter @AlainGerlache
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