
Il y a parfois d’étranges convergences dans l’actualité. En Russie, la campagne électorale pour l’élection présidentielle du 4 mars a commencé, sur fond de contestation sans précédent du régime de Vladimir Poutine. Il a un jour avoué qu’il n’avait jamais envoyé un seul courriel de sa vie. Mais il a quand même lancé son propre site pour redorer son blason. Avec notamment un album de photos où l’on découvre que très tôt déjà, Poutine perçait sous Vladimir…
Le site accueille aussi les « propositions des électeurs ». Et c’est là que ça a coincé. Très vite, Putin2012.ru a été inondé de critiques. « Partez avant qu’il ne soit trop tard !”, c’est un des avis qui ont vite disparu du site. A leur place, on a pu lire des messages qui s’en prennent à l’étranger. Ce n’est pas un hasard : récemment le chef du Conseil de la sécurité nationale affirmait dans une interview que les réseaux sociaux russes étaient “utilisés depuis l’étranger” contre le pouvoir, comme ça avait déjà été le cas, lors des révolutions arabes.
C’est une crainte récurrente dans les pays autoritaires : internet menace le pouvoir en place et l’ordre établi. A son arrivée à Shanghai il y a quelques jours, le président exécutif de Twitter Jack Dorsey a envoyé ce message : “Hello Shanghai. Twitter est bloqué ici en Chine, donc je ne peux lire aucun tweet”. Il a ensuite entamé un dialogue avec le dissident Ai Weiwei qui lui avait répondu : « Bienvenue dans le pays sans Twitter ». Le régime chinois préfère les versions locales des réseaux mondiaux qu’il espère contrôler plus facilement.
Mais voici que l’Inde s’en prend aussi à internet. Selon l’AFP, le gouvernement indien a donné son accord vendredi à des poursuites judiciaires contre vingt-et-un groupes comme Facebook, Yahoo, Microsoft et Google. A l’origine de cette procédure, la plainte d’un journaliste qui juge que ces sites sont responsables des contenus, je cite, obscènes et offensants mis en ligne par les internautes. Il estime aussi que ces groupes bafouent « les lois destinées à maintenir l’harmonie religieuse en Inde ».
Et même aux Etats-Unis, la bataille fait rage autour de la liberté d’expression sur internet.En cause, le projet de loi SOPA, Stop Online Piracy Act. Il vise à réprimer le piratage, on en a déjà parlé ici. Il a le soutien d’Hollywood. Mais selon ses opposants, il va tellement loin qu’il menace la libre circulation des idées sur internet. Un point de vue partagé par l’Administration Obama. Mais en cette année électorale, elle n’a pas non plus envie de s’aliéner les puissants lobbies de l’industrie du spectacle. La lutte est donc serrée et ce mercredi, des sites américains mèneront une grande opération « Page blanche sur internet » en signe de protestation.
16.01.12 Retrouvez #mediaTIC dans Matin Première du lundi au vendredi à 08:30 #Matin1. Plus d’infos à découvrir sur MédiaTIC+ et sur Twitter @AlainGerlache