Agnosgeek multitâche.
Chroniqueur : médiaTIC, RTBF.be
Secrétaire-général de la CTF (Télés francophones publiques de France, Canada-Québec, Suisse, Belgique)
Maître de Conférences à ULg Liège
Columnist De Morgen.
Catching Elephant is a theme by Andy Taylor

Lutter contre l’homophobie grâce à une application pour téléphone intelligent, c’est maintenant possible. Et ça suscite des réactions. Cette application gratuite pour iPhone et Android s’appelle Bashing, de frapper, cogner en anglais. A l’origine, on parlait surtout de paki-bashing, les agressions verbales ou physiques à l’égard de la communauté pakistanaise et indienne en Grande-Bretagne. D’où le gay-bashing à l’encontre des homosexuels. Ça va des commentaires déplaisants au tabassage en règle en passant par les insultes et les bousculades.
Il est très difficile de connaitre l’ampleur réelle du phénomène. Mais selon les mouvements de défense des gays, il est bien réel, voire en hausse. Plus de la moitié des homosexuels ont déjà été agressés verbalement, 20% ont déjà fait l’objet de menaces et un sur 10 a déjà été agressé physiquement. Beaucoup de victimes ne portent pas plainte, d’où une sous-estimation du problème.
Une situation confirmée dans De Morgen par Bruno De Lille, le secrétaire d’état bruxellois en charge de l’Egalite des Chances. Lui-même gay, il a confirmé hier lors d’une table ronde que récemment encore, il s’était fait insulter avec son conjoint dans les Marolles à Bruxelles. Aujourd’hui, le couple hésite à se balader main dans la main en rue.
Et comment une application pour téléphone peut-elle permettre de lutter contre ces agressions ?C’est toute la question. L’application gratuite présentée par l’association Outrage et l’agence Famous est basée sur la géolocalisation. Les victimes peuvent signaler et localiser une agression verbale ou physique. Ils ajoutent une brève description des faits. Et ils envoient le rapport qui peut être visualisé sur la Bashmap, la carte des incidents qui est aussi accessible sur le site Bashing.be. A terme, cela permettra de mesurer l’importance du phénomène. Et d’identifier les zones à risques.
Cette initiative suscite des réactions sur les réseaux sociaux et les forums. Nathan se demande si on ne va pas arriver à une liste noire des quartiers homophobes, dont la population sera stigmatisée. D’autres comme Yann rétorquent que ce sont les actes qui sont dénoncés, par les personnes. Pas de délation donc.
En réalité, les informations fournies ne seront pas vraiment scientifiques. N’importe qui peut télécharger l’application et rapporter une agression réelle ou imaginaire. D’autant qu’il n’est pas nécessaire de s’identifier en fournissant son adresse courriel qui est optionnelle.
Cette application, c’est surtout un coup de projecteur sur une situation inacceptable et la résurgence d’une homophobie violente que la banalisation de l’homosexualité en Belgique n’a pas éradiquée. Comme le résume Jérémy : une nouvelle manière d’utiliser les technologies. Une sorte de militantisme 2.0.
19.01.12 Retrouvez #mediaTIC dans Matin Première du lundi au vendredi à 08:30 #Matin1. Plus d’infos à découvrir sur MédiaTIC+ et sur Twitter @AlainGerlache