Agnosgeek multitâche.
Chroniqueur : médiaTIC, RTBF.be
Secrétaire-général de la CTF (Télés francophones publiques de France, Canada-Québec, Suisse, Belgique)
Maître de Conférences à ULg Liège
Columnist De Morgen.

 

La fermeture de #Megaupload, un débat mondial.

La justice américaine vient de frapper un grand coup en ordonnant la fermeture du site de téléchargement Megaupload et en procédant à l’arrestation de ses dirigeants.  

Megaupload, c’est un des plus grands sites mondiaux de de stockage et de téléchargement de fichiers informatiques. Il permet par exemple aux internautes de transférer des fichiers volumineux. Le site est gratuit, mais il y a aussi une version payante si on veut disposer de plus de capacité. Il est basé à Hong Kong.

Dans le communiqué publié sur le site du FBI, les autorités judiciaires américaines accusent Megaupload d’être une «entreprise criminelle internationale organisée», d’avoir violé les lois sur les droits d’auteurs et favorisé le piratage. Megaupload serait utilisé pour pirater et diffuser de la musique, des jeux vidéo, des séries télé et des films protégés par le copyright. Les détenteurs des droits évaluent leur manque à gagner à 500 millions de dollars. Toujours selon le site du FBI, Megaupload a jusqu’à 50 millions de visiteurs par jour et il mobilise à lui tout seul 4% du trafic sur le net.

Signe que la justice a décidé de frapper très fort, le fondateur de Megaupload Kim Schmitz qui se fait maintenant appeler Kim Dotcom a été arrêté avec trois autres cadres en Nouvelle-Zélande. Ils risquent jusqu’à 20 ans de prison et vont être extradés vers les Etats-Unis.

Cette action de très grande envergure intervient à un moment particulier,au lendemain de la fermeture, volontaire celle-là, de nombreux sites américains comme Wikipédia. Un blackout de 24h pour dénoncer les menaces sur la liberté d’expression que feraient courir les projets anti-piratage SOPA et PIPA actuellement en discussion au Congrès américain.

C’est donc déjà chauffé à blanc que le web s’est enflammé. La fermeture de Megaupload est le sujet le plus discuté sur les réseaux sociaux. Et le groupe Anonymous, déjà connu pour ses actions de représailles, a lancé des attaques contre les sites du FBI et de ceux de l’industrie musicale. Ils sont à présent de retour en ligne.

Cette question dépasse donc de loin, les frontières des Etats-Unis. Dès l’annonce de l’opération, L’Elysée a réagi. Pour Nicolas Sarkozy, il faut maintenant une collaboration judiciaire et policière active entre Etats, pour porter un coup d’arrêt au développement de sites qui dit-il  « réalisent des profits criminels et menacent la création ». Il est vrai que François Hollande, le candidat socialiste avait dans la journée pris ses distances avec Hadopi, le dispositif français de lutte contre le piratage.

Mais au-delà de ce petit jeu, il ne faut pas s’y tromper, et c’est le fait le plus marquant dans toute cette affaire: comme beaucoup d’autres problèmes aujourd’hui ces questions ne se règleront plus au niveau des états. La question du piratage, de la préservation de la création mais aussi de la liberté d’expression sur le web sont devenus des enjeux mondiaux.

20.01.12 Retrouvez #mediaTIC dans Matin Première du lundi au vendredi à 08:30 #Matin1. Plus d’infos à découvrir sur MédiaTIC+ et sur Twitter @AlainGerlache

  1. alaingerlache a publié ce billet

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