Dans la vision idyllique du monde high tech, il y a des bureaux blancs et propres, tout est clean, silencieux, un peu comme les pubs pour les dentifrices. Tout respire le frais.

Et on nous explique que les TIC, les technologies de l’information et de la communication, ont un effet positif sur la préservation de l’environnement.

Et à raison. De nombreuses innovations réduisent les déplacements physiques et donc les nuisances. C’est le cas du travail à domicile, le télétravail.  Les réunions téléphoniques y contribuent aussi. Les séminaires par internet remplacent une partie des réunions internationales et évitent les déplacements en avion. Il faut être réaliste, les entreprises sont souvent davantage inspirées par la réduction des couts, mais c’est toujours ça. 

Autre avancée : le développement du commerce électronique. Sa progression est spectaculaire. Et il y a les effets positifs du passage au tout numérique, et pas seulement pour le courrier ou les journaux. Exemple : vous pouvez maintenant passer les contrôles à l’aéroport en montrant un code-barres 3D sur l’écran de votre téléphone portable, plus besoin de carte d’embarquement.  

Mais il y a toujours un revers à la médaille,à commencer par l’incidence sur la consommation électrique. Et donc sur sa production dont on sait bien qu’elle est très loin d’être clean. Certaines sources parlent d’une augmentation de 20% à moyen terme. Il suffit que vous compariez le nombre de données que vous stockez, vos photos par exemple, aujourd’hui et il y a quelques années. Imaginez cela pour toutes les données et à l’échelle mondiale.

Et ça ne s’arrange pas avec la progression en parallèle de ce que vous envoyez dans des centres de stockage mondiaux. Ce qu’on appelle le  Cloud Computing , l’informatique dans un nuage au-dessous de vous, qui regroupe les données des utilisateurs individuels. Les ingénieurs sont parfois des poètes. Greenpeace  a passé en revue les pratiques de plusieurs acteurs, c’est Yahoo qui s’en sort le mieux, et Facebook, le moins bien. En tout cas actuellement.

Et voilà pourquoi on parle de plus en plus des Green IT, des TIC vertes. Evidemment, ça flaire le concept marketing à plein nez, mais ce n’est pas une raison pour le rejeter.

Il y a beaucoup de propositions sur la table. L’affichage de la consommation des équipements privés ou collectifs par exemple, comme pour les appareils ménagers. Il faudrait aussi allonger la durée de vie des GSM. L’Union Européenne veut mettre fin au gaspillage des chargeurs par exemple. Et il faut développer le recyclage. Les pouvoirs publics ont un rôle à jouer aussi, par exemple en réutilisant l’énergie thermique dégagée par les centres de données. Bref, là aussi il y a du boulot !

29.11.2010 médiaTIC est diffusé sur La Première du lundi au vendredi à 08:30

  1. alaingerlache a publié ce billet