
Suite à la flambée de violence qui a suivi la mise en ligne du film « L’Innocence des Musulmans », la Maison Blanche a demandé le retrait de la vidéo à YouTube et sa maison mère Google. Une demande qui n’a été que très partiellement suivie.
YouTube a expliqué que «cette vidéo respecte les conditions d’utilisation du site, et ne sera donc pas supprimée». Mais il ajoute que ce qui est accepté dans un pays ne l’est pas nécessairement dans un autre. Il y a donc trois cas de figure.
D’abord les pays où le film a été officiellement interdit. Là, YouTube s’exécute. La vidéo ne sera plus accessible, sauf bien sûr pour les plus expérimentés qui peuvent contourner l’interdiction. C’est le cas notamment en Indonésie, en Inde, en Afghanistan et au Pakistan.
YouTube a aussi pris l’initiative de retirer la vidéo dans des pays qui sont jugés, je cite, « sensibles » comme l’Egypte et la Libye.
Ailleurs, la vidéo est toujours accessible. Une position qui selon YouTube est conforme à ses principes de base qui précisent : « Nous encourageons la liberté d’expression et nous défendons le droit de chacun à exprimer des points de vue peu populaires. Mais nous n’autorisons pas les discours incitant à la haine ».
Mais tout indique que ce film est une provocation sans aucune visée artistique. Le problème, c’est de savoirqui peut en juger. La secrétaire d’Etat Hillary Clinton l’a elle-même reconnu. « Avec les technologies modernes, il est impossible d’interdire ce type de vidéo. Et même si c’était le cas, les Etats-Unis ont une longue tradition de liberté d’expression qui est gravée dans notre Constitution et dans nos lois. On ne peut pas empêcher des citoyens d’exprimer leurs points de vue, même quand ça ne nous plaît pas”.
Un point de vue confirmé à l’AFP par un spécialiste américain du droit des médias de l’Université de Californie à Los Angeles qui souligne que « dans cette vidéo, il n’est même pas question de violence, c’est juste une parodie et une critique de la religion”.
Certains estiment que Google est déjà allé trop loin en retirant la vidéo dans certains pays. C’est le cas la Fondation Frontières Electroniques qui milite pour un internet libre dénonce le « paternalisme moral de YouTube ». C’est « le début d’une pente descendante. Si YouTube cède une fois, cela se reproduira à d’autres occasions ».
En fait, YouTube a tenu compte des dispositions locales et de contraintes particulières et s’est donc un peu écarté de la défense intégrale de la liberté d’expression partout dans le monde. Un exercice d’équilibre difficile qui ne doit pas faire perdre de vue que le problème, ce n’est pas internet, mais l’intolérance et le fondamentalisme de tous bords.
17.09.12 Retrouvez #mediaTIC dans Matin Première du lundi au vendredi à 08:30 #Matin1. Plus d’infos à découvrir sur MédiaTIC+. Vous pouvez me suivre sur Twitter, Google+, Facebook et SoundCloud.