Au commencement était le web.

Alain Gerlache,
Chroniqueur, médiaTIC RTBF,
Secrétaire-général de la CTF (Télés francophones publiques de France, Canada-Québec, Suisse, Belgique),
Maître de Conférences à ULg Liège,
Columnist De Morgen, chroniqueur Marianne Belgique.
Agnosgeek multitâche.
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Il y a près de deux fois plus de piratage de musique que de distribution légale en Belgique, c’est la principale conclusion,du premier Digital Music Index, en abrégé DMI. Cette grande enquête mondiale va beaucoup plus loin que les données dont on disposait jusqu’à présent, à savoir les ventes physiques et les téléchargements légaux. Cette fois, on a intégré notamment les échanges entre fans qui sont pour la plupart illégaux. Ce qui donne un tableau beaucoup plus réaliste de la situation de l’industrie musicale.

Selon les chiffres fournis au Standaard par la BEA, la Belgian Entertainment Association qui regroupe les acteurs belges concernés, quand on additionne les ventes physiques et le téléchargement légal en Belgique, on arrive à un total de 46 millions de chansons. Le volume illégal, lui, est estimé à 84 millions de morceaux, dont 31 millions échangés illégalement entre internautes. Ce dernier chiffre place notre pays à la vingtième place mondiale. Les premières places du classement sont occupées par les grands marchés comme les Etats-Unis et le Royaume-Uni. Si on tient compte du nombre d’habitants, la Belgique se classe alors 15e.

Le phénomène a donc une réelle ampleur. Mais pour Olivier Maeterlinck de la BEA, ce n’est pas une surprise. L’association connait le problème et elle plaide à nouveau pour une intervention rapide des autorités. Toujours au premier semestre 2012, le chiffre d’affaire de l’industrie musicale en Belgique a reculé de 11%.

Une mauvaise nouvelle pour les artistes aussi ?C’est moins sûr. Les mentalités changent et la jeune génération s’adapte. Elle voit le trafic illégal comme une forme de promotion. Au Royaume-Uni, l’artiste le plus piraté est le jeune chanteur Ed Sheeran, 21 ans. En réaction à la publication de cette enquête, il a confié au Guardian que ça ne le dérange pas vraiment. Explication sans langue de bois : « J’ai quand même vendu des millions d’albums à 8 euros. Et l’entrée à mes concerts en coute 18 ».

Il n’a sans doute pas tort. L’enquête DMI indique que les nouvelles plateformes légales comme SoundCloud, où vous pouvez d’ailleurs aussi retrouver médiaTIC, sont devenues la meilleure rampe de lancement pour les nouveaux talents musicaux, grâce notamment au partage via les réseaux sociaux. Autre enseignement : là où les services de streaming comme Spotify où Deezer sont forts, le piratage recule. Même si les montants ristournés aux artistes restent souvent modestes, cela montre qu’il est illusoire de s’accrocher à un modèle dépassé. Il vaut mieux commencer à penser autrement.

21.09.12 Retrouvez #mediaTIC dans Matin Première du lundi au vendredi à 08:30 #Matin1. Plus d’infos à découvrir sur MédiaTIC+. Vous pouvez me suivre sur Twitter, Google+, Facebook et SoundCloud.

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